Gabon: la «mise au point» atypique de la direction de la dette sur l’emprunt de près de 740 milliards de Fcfa

Hugues Mbadinga, directeur général de la dette © GMT/D.R

Réagissant à notre article, faisant référence aux 735,7 milliards de Fcfa que s’apprête à lever le gouvernement gabonais, la direction générale de la Dette administrée par Hugues Mbadinga a tenue à faire une « mise au point ». Ainsi, dans ce communiqué publié chez nos confrères de Gabonreview, cette administration nous apprend entre autres, que « dans le même temps, le gouvernement va effectuer des remboursements globaux à hauteur de 881 milliards de francs ».

En 2019, la communication ne semble toujours pas être le fort des dirigeants gabonais, au regard des récents événements. Ainsi, suite à notre article qui faisait mention d’une levée de fonds de près de 740 milliards de Fcfa par le gouvernement gabonais pour l’exercice 2019, la direction générale de la Dette a tenue à faire une « mise au point » pour le moins surprenante.

En effet, si cette administration confirme que « le Gouvernement Gabonais va lever 735,7 milliards de francs » en 2018, elle souligne également que « dans le même temps les remboursements globaux seront à 881 milliards de francs » ce qui au final conduirait à un « désendettement intérieur sur l’année 2019 ».

Or, en sachant qu’à septembre 2018 seul 414,3 milliards de Fcfa ont été réglés au titre de la Dette dans un contexte de hausse du prix du baril, et que la montée des incertitudes budgétaires liées aux passifs conditionnels couplée aux arriérés intérieurs dépassant les 20% du PIB au Gabon, sans oublier les prêts improductifs, par quels mécanismes le gouvernement réunirat-il ces 881 milliards de Fcfa en 2019 ?

De plus, dans un contexte marqué par « l’incertitude entourant les perspectives économiques et politiques du Gabon », et un « resserrement des conditions financières mondiales » comme l’a indiqué le Fonds monétaire international (FMI) dans ses perspectives économiques régionales, comment les dirigeants pourront-ils honorer un tel montant ?

Qu’à cela ne tienne, l’optimisme semble au rendez-vous pour Hugues Mbadinga le directeur général de la Dette. Lui qui affirmait dans une récente interview, que « les emprunts d’équilibre ne sont pas à encourager », devra probablement s’y résoudre, au regard de la situation économique à venir avec une volatilité accrue du prix du baril. Nous y revienrons. 

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