Gabon: le ministère de l’Intérieur interdit le meeting de la Coalition

Lambert-Noël Matha, ministre de l'Intérieur © GMT

Saisi par Jean Eyeghe Ndong en déclaration d’une manifestation publique prévue ce vendredi 23 novembre 2018 au Carrefour Rio, dans le 2ème arrondissement de Libreville, pour protester contre la décision n°219/CC du 14 novembre dernier rendue par la Cour constitutionnelle ayant autorisé le vice-président à convoquer et présider un Conseil des ministres, le ministère de l’Intérieur a opposé une fin de non recevoir, rapportent nos confrères de Gabon Actu.

Joint par Gabon Media Time, une source autorisée du ministère de l’Intérieur a confirmé cette information. « Nous avons été saisi par écrit, nous avons notifié par écrit l’interdiction de la manifestation », a-t-elle confié non sans préciser les motivations de cette interdiction.

Alors que la réglementation en vigueur issue de loi n°001/2017 du 03 août 2017 relative aux réunions publiques en République Gabonaise  en son article 3 dispose que « les réunions et manifestations publiques sont libres en République gabonaise ». L’alinéa 1er nous précise que leur déroulement est  « soumis au stricte respect de l’ordre public… ». L’article 4 quant à lui précise que ces  « … réunions et manifestations sont encadrées par les forces de l’ordre ».

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La police nationale serait-elle incapable d’encadrer cette manifestation ? Ou alors le ministère de l’Intérieur détiendrait-il des preuves de risque avéré de troubles à l’ordre public pour justifier ce refus ? Une attitude qui, selon Noël Bertrand Boundzanga est descriptive de « la barbarie »  du pouvoir en place. « La liberté de manifestation est une liberté consubstantielle à la liberté d’expression. Une partie de la population veut l’exprimer, le gouvernement choisit de violer la loi. C’est finalement leur mode de fonctionnement. Pourtant ce même gouvernement ne manque pas une occasion de rappeler au peuple que force doit rester à la loi », a-t-il précisé.

Ce jeudi 22 novembre 2018, un mouvement spontané des femmes de l’opposition devant le siège de la Cour constitutionnelle a été dispersé. Dans les jours à venir la société civile et les partis politiques entendent organiser d’autres mouvements d’humeur pour contester disent-ils, « la modification de la Constitution opérée par les juges constitutionnels pour permettre la tenue d’un Conseil des ministres en violation des articles 13 et 16 de la loi fondamentale et de la loi organique 11/98 sur la délégation des pouvoirs du président de la République au vice-président ».

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