mardi,14 juillet 2020
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Gabon: Mays Mouissi appelle à la sacralisation des dépenses d’investissements

Aux grands maux les grands remèdes. Face à la pandémie de Covid-19 qui a bouleversé l’équilibre déjà instable de l’économie gabonaise, l’analyste et expert en sécurité financière Mays Mouissi vient de proposer « aux décideurs » une stratégie basée sur un ensemble de mesures fortes. Parmi celles-ci, on retrouve certains aspects qui font débat depuis plusieurs années, à savoir : « la réduction du budget de certaines institutions privilégiées dont la présidence » mais également la « suppression du Sénat ».

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C’est au détour d’une interview accordée au magazine d’actualité français Le Point le 16 mai dernier, que l’analyste économique et expert sur les questions financières Mays Mouissi, a livré quelques éclairages sur la situation économique que traverse le pays. S’il est longuement revenu sur les difficultés actuelles liées à la pandémie de Covid-19 qui entraîneront une perte de 700 milliards de FCFA de recettes budgétaires, l’économiste s’est surtout appesanti sur la stratégie à adopter par le gouvernement.

Peu favorable à l’idée d’annulation de la dette publique qui d’une part « renvoie de l’Afrique une image d’éternelle assistée » et d’autre part « reviendrait à encourager la prédation des ressources publiques », Mays Mouissi a plutôt invité les « décideurs » à opter pour une « véritable stratégie de relance basée sur trois piliers : l’appui au secteur privé formel et informel, le renforcement de la protection sociale et l’investissement public ». Sur ce dernier point, l’analyste s’est voulu pragmatique.

En effet, loin de ne nécessiter que des petits ajustements, la situation actuelle impose de prendre des mesures fortes à l’image « d’une réduction significative du budget de certaines institutions privilégiées à commencer par la présidence de la République ». Car le fait que le Gabon compte 100 000 fonctionnaires pour 2 millions d’habitants, lui confère le ratio agent public par habitant le plus élevé au sein de la zone franc. Une situation pesante pour les finances publiques qui doivent chaque année dégager plus de 1000 milliards de FCFA de dépenses de fonctionnement. 

Ensuite, il apparaît clairement que le modèle de gestion et de gouvernance actuel basé sur des emprunts répétés, a montré ses limites avec un encours de la dette publique audessus de 60% du PIB. La récession annoncée pour 2020 impose donc « de conjuguer dans le cadre d’un programme coordonné, des mesures de soutien économiques, budgétaires, fiscales et monétaires ». Mesures qui suggèrent « de faire des économies dans les dépenses de fonctionnement de l’État et de sacraliser les dépenses d’investissement ». 

« Nécessaires à la relance économique » comme l’a également soutenu Jean Jacques Evouna qui a récemment plaidé pour un « règlement total de la dette intérieure », ces dépenses d’investissements que Mays Mouissi appelle à « sacraliser » permettraient à l’Etat de maintenir intact voire d’améliorer le tissu économique porté par des PME et autres sous-traitants des secteurs clés. Par ailleurs, ces dépenses auront également le mérite de favoriser « le bienêtre des populations ». 

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Mouss Gmt
Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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