vendredi,14 août 2020
Accueil A La Une Gabon : Martin Mabala dénie-t-il à Ali Bongo le pouvoir de virer...

Gabon : Martin Mabala dénie-t-il à Ali Bongo le pouvoir de virer Nkoghe Bekale de la Primature ?

C’est la question que l’on est en droit de se poser à la lecture du communiqué de presse du président du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais (PDG) à l’Assemblée nationale, Martin Mabala. Ce dernier, dans sa déclaration dont le fond n’avait en réalité qu’une seule visée, apporter son soutien à Julien Nkoghe Bekale annoncé avec insistance sur le départ depuis plusieurs jours, au point de dénier au chef de l’Exécutif le pouvoir constitutionnelle et discrétionnaire de démettre son Premier ministre en cas d’échec. Une entreprise à première vue solidaire, qui cacherait, peutêtre, en réalité, une initiative personnelle à laquelle il aurait associé, sans leurs avis certains députés du parti au pouvoir. 

- Advertisement -Global Media Time Gifpx

Le président du groupe parlementaire PDG à l’Assemblée nationale, Martin Mabala s’est-il donné pour objectif de peser de tout son poids pour tenter de sauver le soldat à l’agonie Julien Nkoghe Bekale ? C’est la configuration qui émerge aux yeux de l’opinion à la lecture du communiqué de presse estampillé « groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais de l’Assemblée nationale » rendu public dans les réseaux sociaux puis dans la presse le vendredi 14 février dernier. Ledit communiqué dès ses premières lignes, condamnait un « acharnement contre les hautes personnalités institutionnelles gabonaises par la publication d’images et d’articles mensongers et diffamatoires dans les réseaux sociaux », pouvait-on lire dans la communication du parlementaire. 

Pour cerner de façon pertinente la démarche un tantinet partisane de Martin Mabala, il faut se replacer dans le contexte à l’origine de ce soutien curieux et inopiné du député du Moyen-Ogooué du département au canton Route-Fougamou. Un contexte autour duquel grandit sans cesse la rumeur du départ de la Primature de Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, Chef du gouvernement. Contesté, critiqué, appelé à démissionner et vomi par l’opinion et tout le corps social, notamment les syndicats, Nkoghe Bekale qui ne trouve son seul réconfort qu’auprès des siens à Ntoum chez les « Mekê Me Nkoma » dans la province de l’Estuaire, selon l’hebdomadaire Echos du Nord dans un article intitulé « De Premier ministre de Ntoum à celui des Mekê Me Nkoma » paru ce lundi 17 février, est annoncé partant. Des noms sont même évoqués ci et là  pour le remplacer, c’est le cas de nos confrères de L’Aube qui citent en le contestant Alain Claude Bilie-By-Nze, actuel ministre des Affaires étrangères.  

Le contexte ainsi présenté, Martin Mabala dans son communiqué est allé droit au but en prenant directement la défense de Julien Nkoghe Bekale, « les députés, représentants du peuple gabonais, avaient accordé leur confiance à ce gouvernement, par le truchement d’un vote majoritaire de la déclaration de politique générale présentée par monsieur Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, chef du gouvernement de la République  ». Cette sortie de Martin Mabala, qui s’emploie pour lancer des bouées de sauvetage à l’actuel locataire de la Primature, nous invite à nous interroger avec gravité sur la teneur d’une telle démarche. 

Cette sortie nous interpelle d’abord sur l’angle choisi par Martin Mabala, dans sa volonté de sauver Julien Nkoghe Bekale au moyen d’une lettre aux relents de contestation dans laquelle il dénie finement au président de la République, le droit de démettre de ses fonctions, son Premier ministre car ayant reçu la bénédiction « des représentants du peuple gabonais » et donc par ricochet, du Peuple lui-même, en référence à la célèbre maxime « Le pouvoir appartient au peuple, … et seulement au peuple ». 

Autrement dit, si l’on s’en tient rigoureusement à l’entendement du président du groupe parlementaire PDG à la Chambre basse du Parlement, le Chef du gouvernement ayant reçu la confiance de l’Assemblée nationale, personne ni même le Chef de l’Etat ne devrait trouver à redire à l’exception du peuple gabonais. Elle nous interpelle en outre en raison de l’ambiguïté qui règne sur le caractère collectif de cette démarche qui semblerait à bien des égards et compte tenu des réactions, révélées par nos confrères des Echos du Nord, être tout bonnement solitaire. 

Ces interrogations trouvent leur origine dans le fait qu’au moment de la production et de la publication de ce communiqué « du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais », plusieurs députés de la majorité en vacance parlementaire, ne seraient actuellement pas dans la capitale. L’hebdomadaire Echos du Nord affirment que certains députés PDG auraient assuré « avoir pris connaissance comme tout le monde de cette communication par voie de presse ». Un autre élu PDG visiblement surpris par cette communication qui porte son approbation se questionne. « Pensez-vous que le cas Julien Nkoghe Bekale soit l’urgence du moment ?  Si nous devons nous prononcer sur la marche de notre pays en ce moment pour la redresser, le PDG mettraient en avant d’autres urgences et priorité », souligne toujours l’hebdomadaire. 

Il  ressort de toute évidence, au regard des présentes constatations que Martin Mabala se serait servi du label « groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais » en s’appropriant le consentement des siens pour  voler au secours de Julien Nkoghe Bekale pour on ne sait quelle raison. Sinon à quel moment Martin Mabala at-il réuni ses collègues aux fins de valider ce qui s’apparenterait clairement à une motion de soutien à Julien Nkoghe Bekale? Quel lien occulte unit les deux hommes pour qu’il entraîne ainsi sans son consentement le groupe parlementaire PDG à soutenir ad vitam aeternam l’homme fort de Ntoum ? L’opinion se demande, les Gabonais s’interrogent. 

Arguant que « le changement de gouvernement ne constitue en rien une solution miracle aux nombreux problèmes que connaît notre pays », Martin Mabala qui conseille à la retenue le Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba d’exercer un droit qui lui est constitutionnellement reconnu, est à le lire prêt à jouer sa propre peau pour sauver de la noyade un homme que l’opinion dit être déjà condamné. Le jeu en vaut-il la chandelle ?  

Laissez votre commentaire

Mouss Gmt
Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
Street 103 Gabon Gmt