Gabon: «Le Mamba» aurait-il perdu la tête ?

Magloire Ngambia © D.R

A moins de 24 heures de la comparution de l’ancien ministre Magloire Ngambia, l’opinion se questionne sur le déroulement de ce procès qui rentre dans le cadre de l’opération anticorruption Mamba. Ainsi, pour beaucoup d’observateurs qui voient cette opération peu à peu faire un flop, la question est de savoir si l’on ne s’achemine pas vers une libération provisoire de l’ex ministre, après celle de l’ancien directeur général du FER Landry Patrick Oyaya.



Inculpé avec Landry Patrick Oyaya et Grégoire Bayima, ancien directeur général de l’Entretien des routes et aérodromes, Magloire Ngambia comparaîtra pour les chefs d’inculpation « d’association de malfaiteurs, violation des procédures de gestion, de paiement frauduleux sur les fonds publics de biens incomplètement livrés, de faux et usage de faux (et) de paiements excessifs pour des services effectués ».

Des accusations qui semblent nébuleuses mais qui s’expliquent par le changement des qualifications au fil des mois. En effet, les différentes auditions des parties auront démontré en l’absence de l’Etat gabonais et des principaux lanceurs d’alerte, qu’il n’existait pas dans cette affaire des éléments probants démontrant la culpabilité de l’ancien ministre, à l’instar du dossier du pont de Kango.

Ce qui laisse supposer, comme l’affirment certaines rumeurs, que ce dernier devrait bénéficier d’une liberté provisoire comme  celle accordée à Guy Patrick Oyaya, directeur général du FER à l’époque et qui est le principal accusé dans cette procédure. L’élément qui devrait justifier cette libération est sans aucun doute le fait qu’il n’y avait pas de violation des procédures de gestion, ni de paiements frauduleux ou excessifs du FER.

Si cette libération n’est pas effective, il sera donc nécessaire de se demander comment le Ministre et un agent du ministère des Travaux publics pouvaient mieux répondre de la gestion d’une entité bénéficiant de l’autonomie de gestion. Ce serait en matière de gestion une première voire même une exception !

Il faut dire que cette libération si elle doit être actée sera une réponse positive face aux préoccupations des membres du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) qui lors d’une assemblée générale le jeudi 7 mars dernier demandaient la libération pure et simple des prisonniers politiques et des personnes ayant largement dépassé les délais légaux de détention ainsi que celles des personnes bénéficiant de garanties de représentation pour une liberté provisoire.

Si le juge a décidé de mettre en liberté provisoire Guy Patrick Oyaya, le principal inculpé, il se doit donc d’accéder aux demandes de messieurs Grégoire Bayima et Magloire Ngambia. Nul ne peut mieux que Guy Patrick Oyaya répondre du FER au moment où il en était le directeur général. Mieux, ce dernier a clamé que ces comptes étaient certifiés par le Cabinet International Deloitte et les paiements tous ordonnés par le comité de trésorerie de la Présidence de la République dont les composants n’ont jamais été inquiétés.

Par ailleurs, selon certaines informations relayées ces dernières heures, la seule contrarieté pourrait venir de la Cour criminelle spéciale qui a la diligence de la présidente de ladite juridiction, Paulette Ayo Mba épouse Akolly aurait décidé unilatéralement de la comparution de Magloire Ngambia ce mercredi 13 mars 2019 sans que le Parquet Général qui a selon la loi, la prérogative de présenter les inculpés ou accusés devant la juridiction de jugement n’ait été  informé de cette audience.

 

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