vendredi,23 octobre 2020
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Gabon: malgré la chute des recettes et du budget, les dépenses maintenues à plus de 2 000 milliards sur la période 2021-2023

Si les travaux préparatoires à l’élaboration du budget 2021 organisés la semaine dernière par l’exécutif, ont permis de souligner les difficultés auxquelles seront confrontés les différents pans de l’économie gabonaise dans les prochaines mois, ils n’ont donné aucune précision sur les mesures visant à réduire le train de vie dispendieux de l’Etat. Ainsi, malgré les récriminations des partenaires financiers qui appellent régulièrement à « donner la priorité au rééquilibrage budgétaire », l’exécutif semble plutôt se murer dans son cercle vicieux de « dérapages budgétaires ».

463,5 milliards de FCFA de recettes pétrolières en 2020, 532,7 milliards de FCFA en 2021, 600 milliards de FCFA en 2022 et 669,7 milliards de FCFA en 2023. La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde depuis le début de l’année, aura eu un impact considérable sur l’économie nationale. Résultat, l’exécutif table sur une croissance qui se situerait en moyenne à 2 717,8 milliards de FCFA sur cette période contre un budget initial de 3330,7 milliards de FCFA en 2020. 

Néanmoins, malgré un tel contexte, qui nécessite des ajustements budgétaires et surtout des décisions fortes comme énoncé dans la revue des dépenses publiques du Gabon publiée par la Banque mondiale il y a un peu plus d’un an, le gouvernement gabonais semble faire fi de ces recommandations. Pour s’en rendre compte, il suffit de jeter un oeil sur les dépenses publiques qui sur cette même période 2021-2023, devraient se situer en moyenne à près de 2000 milliards de FCFA, soit près de 75% du budget total.

Loin des principes d’orthodoxie financière et de discipline budgétaire prônés depuis plusieurs mois, l’exécutif ne semble donc pas encore décidé à « améliorer la qualité de la dépense publique pour favoriser une croissance inclusive ». Mieux, au regard de la qualité des dépenses, il ne semble pas décidé à « se concentrer plus spécifiquement sur les dépenses publiques dans les secteurs de l’éducation, de la protection sociale et de la santé, qui sont cruciaux pour le développement socio-économique et la réduction de la pauvreté » comme le révélait la BM.

Dans un contexte économique et macroéconomique tendu qui accentue les défis du chômage, de la pauvreté et des inégalités, le gouvernement gabonais, plutôt que de faire des choix budgétaires pour s’adapter à la diminution de ses ressources publiques et veiller à ce que ces ajustements budgétaires n’entravent le développement du pays, reste cantonné à des décisions peu judicieuses comme celle de dédier plus de 45 milliards de FCFA par an à la Main d’oeuvre non permanente (MONP).

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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