Gabon: malgré le calme, des zones d’ombre subsistent après la tentative de putsch

© Serge Ebeza, Libreville la belle

Vingt-quatre heures après le coup de force orchestré par les membres du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS) présidé par Kelly Ondo Obiang, la vie semble avoir quelques peu repris son cours normal dans les différentes artères de la capitale gabonaise. Avec le retour progressif du réseau internet les événements du lundi 7 janvier sont toutefois sur toutes les lèvres, certains s’interrogent déjà sur l’avenir du pays après cette tentative de coup d’Etat.

En effet, la capitale gabonaise s’est réveillée dans le calme ce mardi 8 janvier 2018 après la psychose qui s’est emparée de la population lors de la prise de la chaîne de Radio nationale par une dizaine de membres de la garde d’honneur de l’armée. Selon le communiqué du gouvernement  “le calme et la sérénité règnent sur toute  l’étendue du territoire national”.

Lors de notre passage au centre-ville de la capitale, on a donc pu constater que le calme était revenu et que des travailleurs s’attelaient à regagner leurs lieux de travail. La circulation est normale partout, y compris sur le boulevard Triomphal le seul qui ait été bloqué hier matin par les mutins. Situation identique dans les quartiers Cocotiers et Nkembo.

Toutefois au delà de ce calme apparent, de nombreux citoyens approchés ne manquent pas s’interroger sur cet événement qu’à connu le pays. La première question qui revient, qui d’ailleurs a été largement soulevée par le président du Rassemblement héritage et modernité Alexandre Barro Chambrier, c’est la facilité de prise d’assaut du siège de Radio Gabon, censé pourtant être sécurisé par un dispositif de la Gendarmerie nationale.

Autre question qui était largement au centre des interrogations des Gabonais est de savoir qui était le commanditaire réel de cette tentative de coup de force ou encore peut-on s’attendre dans les jours ou semaines à venir à une résurgence de ce type d’action.

Pour l’heure, les Gabonais restent dans l’expectative et s’accrochent à la communication du gouvernement qui devrait apporter des réponses à l’ensemble de ces questions car relevant de la sécurité de chaque citoyen.

Les habitants du PK5 ont, par contre, entendu des coups de feu d’armes automatiques dans la zone de Rio et de Bellevue II. La police judiciaire pourchassait des voleurs, a précisé une source sécuritaire.

La télévision et la radio nationales, prises d’assaut hier par les mutins, fonctionnent normalement. Les programmes habituels ont repris leur cours. Le ministre de la Communication devait s’y rendre aujourd’hui, accompagné de ses collègues du ministère de l’Intérieur et de la Défense.

L’écrasante majorité des élèves se sont rendus à l’école ce matin. Les commerces, quant à eux, étaient tous ouverts.

Il n’y a pas de coupures de courant. Internet, par contre, reste bloqué mais cette situation, assurent les autorités, n’est que temporaire.

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