vendredi,23 avril 2021
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Gabon: Maîtres Nzigou et Moumbembe dénoncent des violations de la loi dans l’arrestation de Nicolas Nguema

C’est à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce lundi 14 décembre 2020, dans un hôtel de la place que Maîtres Jean Paul Moumbembe et Anges Kevin Nzigou, avocats de Nicolas Nguema, ont dénoncé une arrestation arbitraire de leur client. Arrêté depuis le mercredi 2 décembre dernier par les agents de la direction générale de la contre-ingérence et  de la sécurité militaire (DGCISM), il ne sera présenté que ce jour devant le parquet de la République. 

A en croire Me Anges Kevin Nzigou, Nicolas Nguema a été interpellé dans la journée du mercredi 4 décembre 2020 par les agents de la Direction générale de la contre-ingérence et  de la sécurité militaire communément appelée B2, qui l’ont conduit dans leurs locaux et l’ont  interrogé sur sa  participation à la vente d’un navire, propriété du Groupement Santullo  Sericom avant de le placer en garde à vue. Une garde à vue qui selon l’avocat « manque  manifestement de base légale eu égard aux délais et à l’inexistence de faits  constitutifs d’une infraction ».  

Présenté une première fois au parquet de la République le mercredi 9 décembre 2020, soit 7 jours après son arrestation, Nicolas Nguema sera, selon son avocat, « renvoyé dans les geôles du B2 pour un complément  d’enquête en violation parfaite des règles sur la durée de la garde à vue ». Une garde à vue qui viole les règles de procédure pénale fixant à 48 heures le délai maximum en la matière.  

Alors qu’il était prévu qu’il soit à nouveau présenté devant le procureur de la République le vendredi 11 décembre dernier, « des rumeurs laissaient entendre qu’il ne serait pas  présenté tant que son avocat n’était pas lui aussi interpellé », a expliqué Anges Kevin Nzigou. C’est finalement ce lundi 14 décembre que Nicolas Nguema sera présenté devant le parquet de la République de Libreville.   

Poursuivant son propos, le conseil de Nicolas Nguema a précisé qu’il a été officiellement informé d’une « correspondance d’un colonel du B2 et du Procureur de la République rendant chacun compte d’une enquête ouverte  contre Monsieur Nguema et son avocat Anges Kevin Nzigou ». Enquête qui a été ouverte à la suite d’une plainte déposée à ses services le mercredi 9 décembre 2020, « alors que Monsieur Nicolas  Nguema est gardé à vue depuis le 04 décembre 2020. L’interpellation est donc  intervenue 5 jours avant le dépôt de la plainte ! », a-t-il martelé. 

Ce lundi 14 décembre, Nicolas Nguema totalise plus d’une dizaine de jours de garde à vue en violation flagrante de l’article 56 alinéa 2 du Code de procédure pénale qui dispose que « la durée de la garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures. Elle peut être prolongée d’un nouveau délai non renouvelable de quarante-huit heures par autorisation écrite du procureur de la République »

Au terme de son propos liminaire, Me Anges Kevin Nzigou a tenu à rappeler à la presse que « le but de cette conférence était de donner à l’opinion la juste information.  Pour que chacun sache que la garde à vue arbitraire de Monsieur Nicolas  Nguema et ma prochaine interpellation ne relèvent nullement d’une procédure  de droit commun mais bien d’une volonté politique de nous garder au silence et  d’une certaine manière de porter un coup au Collectif Appel à Agir. Et comme  vous le savez, « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice », a-t-il conclu.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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