Gabon: Magloire Ngambia victime collatérale des errements de Mamba ?

Magloire Ngambia © Jeune Afrique

Quel sera le sort réservé à l’ancien ministre Magloire Ngambia? C’est la question qui taraude les esprits depuis l’incident survenu le 13 mars dernier, qui avait vu la présidente de la Cour criminelle spéciale Paulette Ayo Mba épouse Akolly jeter l’anathème sur ce dernier, donnant l’impression d’un jugement déjà établi Une situation qui suscite encore plus de questionnement avec la parution dans le confidentiel La Lettre du continent qui révèle la demande faite à la justice française en vue d’une entraide judiciaire dans l’affaire opposant le Gabon à l’entreprise Sericom.

Selon le média très introduit dans les sphères décisionnelles du pays le ministre de la Justice Edgard Anicet Mboumbou Miyakou aurait reçu pour mission de suivre le procès de l’ancien ministre de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire Magloire Ngambia et qu’il aurait été à la manoeuvre pour que ce dernier et d’autres de ses présumés complices soient mis en liberté en attendant leur procès.

Une information pour le moins curieuse quand on sait que depuis le 10 janvier 2017, date de son mandat de dépôt, l’ancien membre du gouvernement n’a jamais quitté les geôles de la prison centrale contrairement à ses supposés co-détenus notamment Mohamed  Ait Ben Ali, Landry Oyaya, Rodrigue Bongo Rodrigue qui eux ont bénéficié de liberté d’office, provisoire et  de relaxe. Qu’est ce qui bloquerait donc la mise en liberté de Magloire Ngambia?

Pour de nombreux observateurs, l’incident survenu le 13 mars dernier ne serait pas à écarter dans les complications rencontrées par l’ancien ministre. Chose encore plus étrange, un article de La Lettre du Continent faisait état d’une prétendue victoire de l’Etat gabonais en Suisse par l’obtention d’une décision autorisant l’accès aux comptes du groupe de BTP Sericom. Le silence observé après l’accès à ces comptes, semble simplement indiquer qu’il n’y avait aucun élément susceptible de venir étayer les accusations de l’Etat Gabonais.

L’opinion se questionne dès lors sur l’opportunité de l’ouverture d’autant de procédures alors que dès le début des dénonciations enregistrées contre l’ancien ministre, la justice évoquait des preuves flagrantes contre ce dernier. L’opération Mamba se serait-elle appuyée sur de simples allégations de comptoir alors que depuis 2 ans celui-ci croupit en prison. Les étrangetés dans ce dossier sont encore plus évident puisque selon certaines indiscrétions recueillies au palais de justice de Libreville « les magistrats peineraient à prendre leurs responsabilités et Magloire Ngambia quant à lui refuserait une mesure de résidence surveillée ».

Pour rappel, l’Etat gabonais est en contentieux avec le Groupe Santullo Sericom pour exactement 380 milliards représentant le montant total des marchés obtenus, Tandis que Magloire Ngambia est poursuivi pour le détournement d’un montant de 4 milliards représentant une facture contestée par l’Etat et payée au Groupe Santullo par le Trésor Public. On est donc bien loin des 500 milliards annoncés.

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