Gabon: le magistrat Gildas Mamboundou jeté en pâture !

Starla Judica Bibalou Mamboudou et Gildas Mamboundou en médaillon © GMT

Il y a des moments dans la vie où le sort joue visiblement contre nous. Le magistrat Gildas Mamboundou en fait actuellement les frais. Il est accusé d’avoir usé de son statut pour faire incarcérer une mineure et son grand-frère pour avoir retrouvé ses papiers volés la veille.



Pour la petite histoire, en allant chercher ses enfants à l’école le mercredi 26 décembre 2018, le jeune magistrat Gildas Mamboundou (34 ans) découvre en voulant rentrer chez lui que sa voiture a été forcée et son sac dans lequel  se trouvait l’essentiel de ses effets a été emporté. Par réflexe, il dépose plainte. Deux jours plus tard, il reçoit un coup de fil de son petit-frère qui lui fait savoir que quelqu’un dit avoir retrouvé ses effets.

Gildas Mamboundou lui dit de récupérer lesdits papiers et de les lui apporter. Le petit-frère lui fait savoir que celui qui les détient a dit qu’il ne veut voir que le vrai propriétaire. Inquiet, le jeune magistrat qui avait préalablement porté plainte informe les éléments de la Police judiciaire (PJ) qu’un compatriote prétend avoir retrouvé ses papiers et voudrait les lui remettre personnellement.

Nous sommes le vendredi 28 décembre dernier. En compagnie des OPJ, Gildas Mamboundou se rapproche de celui qui détenait ses papiers (une nouvelle recrue de la Garde Républicaine). Après les formalités d’usage, les OPJ lui demandent de venir avec eux au Komo pour les nécessités d’enquête. Il s’écrie : « Je savais que vous allez me piéger ». Les officiers de police  lui répondent qu’il n’y a pas de piège, c’est juste pour les nécessités d’enquête. Finalement il accepte de faire le déplacement dans les locaux de PJ.

Lors de l’interrogatoire, l’agent de la GR avoue que ce n’est pas lui qui aurait retrouvé les papiers, mais sa petite-sœur. Les policiers décident de transférer le dossier au Procureur, maître de l’opportunité des poursuites. Ce dernier, pour avoir le cœur net, décide de convoquer la petite-sœur. Entre temps, le plaignant a déjà regagné son domicile. Lorsque la petite-sœur arrive, le Procureur se rend compte qu’il a en face de lui, une mineure. Il transmet donc le dossier au juge des mineures pour instruction.

Devant le juge, la jeune fille donne sa version des faits ; elle affirme qu’après les cours, cheminant au niveau des Bas-de-Gué-gué en compagnie de sa condisciple de classe, elles remarquent que des occupants d’un véhicule viennent de jeter un sac neuf dans une poubelle. Elles décident donc de sortir le sac et de procéder à la fouille. Lors de la fouille, elles tombent sur des documents que la petite-sœur de l’agent de la GR va garder par devers elle avant de les donner à son grand-frère. C’est ce dernier qui va prendre contact avec le magistrat Mamboundou Gildas.

Après audition, le juge des mineures décide de placer les prévenus en détention provisoire. Il n’en fallait pas plus pour enflammer les réseaux sociaux. Gildas Mamboundou apprend lui-même alors qu’il est étranger à la suite de la procédure que les prévenus ont été incarcérés. Sa photo est publiée sur les réseaux sociaux où sa vie privée est étalée au grand jour, présenté comme un Don Juan, un DSK, un magistrat versant dans l’abus d’autorité.

En droit, on enseigne que la liberté est le principe et la privation de la liberté, l’exception. Toute la question reste de savoir si au regard de l’âge de l’un des prévenus (mineure scolarisée), le juge avait besoin de la placer en détention préventive ? Si oui, pour quel intérêt au regard du traumatisme que pouvait causer pareil acte ? N’était-il pas préférable de la laisser en liberté, vu qu’on savait où la trouver en cas de nécessité d’enquête ?

Aujourd’hui, ni le procureur maître des poursuites, ni le juge des mineurs ne sont jetés en pâtures, seul le magistrat Gildas Mamboundou est pointé du doigt et accusé d’avoir usé de son autorité. N’était-il pas dans son droit de porter plainte ?

Gageons suite aux différentes pressions qui s’exercent notamment sur les réseaux sociaux, que la gamine soit libérée dès demain.

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