Gabon: mafia autour de la gestion des antirétroviraux dans les CTA

Centre de traitement ambulatoire de Libreville © D.R

Les récentes révélations sur les tensions de stock de certaines molécules utilisées dans le traitement des personnes vivant avec le VIH/Sida auront été l’occasion de jeter un regard sur le fonctionnement des Centres de traitement ambulatoire dont dispose le pays. Selon des informations recoupées par Gabon Media Time, ces structures en charge de la distribution des médicaments destinés aux malades s’adonnent allègrement à des pratiques peu orthodoxes profitant de l’occasion pour s’en mettre plein les poches.



Vente des antirétroviraux, retencion de plusieurs stocks, clientélisme, gestion scabreuse et mauvaise acceuil des patients, sont autant de comportements répréhensibles qu’affichent certains responsables de Centres de traitement ambulatoire disséminés dans le pays.  Selon des sources au ministère de la Santé, la difficulté d’approvisionnement en antirétroviraux est certes due essentiellement à la faiblesse des moyens mis à la disposition pour leur achat, mais elle trouve aussi son origine dans les pratiques mafieuses en cours dans les CTA.

En effet, après enquête auprès de certains patients, des médecins de CTA souvent poste depuis plusieurs années ont développé des stratégies avec pour fin de vendre les médicaments alors que ceux-ci sont financés par le budget de l’Etat, et donc censés être distribués gratuitement. Ayant trouvé un moyen facile de se faire de l’argent sur le dos de milliers de compatriotes, certains bouderaient même leur affectation, c’est le cas d’un « responsable de CTA à Libreville qui refuserait de quitter son poste alors qu’il a été remplacé. Où le cas de certains qui s’illustrent par la falsification d’examens pour ensuite récupérer les médicaments qu’ils vendront plus tard », nous a confié notre source.

Une situation d’ailleurs intolérable alors qu’il est indéniable que la gestion des antirétroviraux par certains médecins est clairement défaillante et doit inévitablement amener les plus hautes autorités à mettre de l’ordre dans cette fourmilière que l’on peut désormais nommer « business des antirétroviraux ».  Il faudrait pour ce faire repenser la chaîne de distribution de ces médicaments et envisager de changer les équipes au sein des CTA au cours des prochains Conseils des ministres.  

Au-delà des récriminations faites aux responsables de ces structures sanitaires, l’attitude de certains patients serait aussi mise en cause dans le cadre de la mise en place de statistiques fiables pour pouvoir tracer le parcours des médicaments distribués. Des patients s’inscrivent dans deux ou trois CTA différents faussant ainsi les calculs dans les stocks.

Ce sont autant de comportements que le ministère de la Santé doit sanctionner pour éviter d’exposer certains malades du VIH/Sida aux pénuries d’antirétroviraux et d’éviter que le budget de l’Etat serve de moyens d’achat de molécules utilisés par les médecins à des fins commerciales au grand dam du contribuable gabonais.

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