Gabon: l’USTM au bord du précipice

USTM © GMT

L’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) est engluée dans une crise généralisée sans précédent. Et pour cause, entre les bâtiments et les locaux de la structure qui sont obsolètes et les grèves des étudiants pour traçabilité des fonds générés l’an dernier avec la hausse conséquente des frais d’inscription, ajoutés à la grève des enseignants pour le non paiement de leurs dus, ce temple du savoir court vers une mort certaine.  

Créée et organisée par la loi du 29 janvier 1986, l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) connaît certainement ses heures les plus sombres. C’est en tous cas ce qui a été rapporté à Gabon Media Time par une source digne de foi. En effet, la vétusté des structures qui composent cette université est telle que certains espaces de recherches comme les laboratoires sont abandonnés car infréquentables. « Les dortoirs sont  inhabitables et contraignent les étudiants à regagner les quartiers pour y louer des chambres », confie cette source.

A ce jour, les cours n’ont pas encore repris à l’USTM. Pourtant, l’on s’achemine vers la fin du premier semestre. Ici, l’année académique s’effectue à deux ou trois niveaux. En effet, le cycle licence de l’Université a terminé l’année 2017-2018, tandis que les résultats du cycle licence de l’Ecole polytechnique ne sont pas pour l’heure tous connus. Et ce n’est pas tout. « Du côté des Masters, les deux ans prévus se font en trois ou quatre ans, même sans redoublement sachant qu’après deux ans les bourses seront coupées par l’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG) », renchérit la même source.

Cette année 2018-2019 semble très loin de pouvoir débuter tant les grèves en cours de la part des étudiants et des enseignants membres du Syndicat National des enseignants chercheurs (SNEC-USTM) n’augure rien de bon. Pour les étudiants, les revendications sont axées sur la traçabilité des fonds générés par les inscriptions majorées dans l’optique d’autonomiser l’USTM et donc de pallier les problèmes récurrents comme les voiries, les bâtiments vétustes ou la réfection des campus universitaires. Mais rien de nouveau !

Quant aux enseignants, ils réclament l’intégralité de leurs salaires et primes non versées depuis quelques mois dans leur entièreté. Aussi, les chercheurs revendiquent les émoluments liés aux heures supplémentaires effectuées qui avoisineraient  le montant de 1 298 000 000 Fcfa. Rappelons à toute fins utiles que leur cahier de charges comprend aussi la régularisation administrative de leurs collègues enseignants exerçant sans rémunération depuis bientôt 4 ans.

Face à cette situation intenable, les regards sont tournés vers le ministère de tutelle afin qu’il apporte des réponses franches. Réagissant à un cas similaire sur nos colonnes, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et du Transfert des Technologies, Jean De Dieu Moukagni Iwangou a brossé le tableau des principaux problèmes qui minent son secteur.

« Il y a certaines conditions qui justifient les difficultés de financement de l’année académique 2018-2019 dans les établissements supérieurs publics. Il s’agit de la surpopulation, de la faiblesse de la capacité d’accueil de ces établissements, et de la situation d’arriérés des enseignants en pré-salaires et ceux qui attendent d’être régularisés », a déclaré le ministre d’Etat.

La situation est préoccupante et inquiétante à juste titre. Espérons que le bilan présenté par le ministre d’Etat en janvier dernier, accouchera des recommandations qui parviendront à apporter les réponses attendues, car disait-il, « les difficultés de l’Enseignement supérieur appellent un plan d’urgence ».

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