Gabon: l’urgence d’une rationalisation des dépenses courantes

Jean-Fidèle Otandault, ministre d'Etat, ministre du Budget et des comptes publics © D.R

Alors que s’achève ce dimanche 17 février 2018 au complexe Dounia Park, le séminaire gouvernemental placé sous le thème « Amplifier la dynamique de la transformation économique et sociale », l’opinion attend la mise en place de mesures qui permettront un retour de la croissance. C’est du moins le travail auquel s’attèle le ministère du Budget et des Comptes publics qui prône une rationalisation des dépenses publiques afin d’améliorer la situation économique du pays.

GABON LIBREVILLE

Face à une crise conjoncturelle qui tend à perdurer et à une baisse substantielle des recettes budgétaires, le gouvernement travaille à la prise de mesures pour permettre une optimisation réelle de la collecte des recettes.  En effet, le Gabon a connu une  forte baisse de cet élément important de l’économie entre la période 2013 et 2018, résultant principalement de la chute du baril du pétrole. Ainsi, les recettes pétrolières ont chuté de plus de 50%, tandis que les recettes hors pétrole ont connu une baisse très faible. Au total c’est donc un budget de l’Etat qui a été revu à la baisse de près de 30%.

Dans la même période, les dépenses ont absorbé une bonne partie du budget  notamment en ce qui concerne les charges financières de la dette, soit 72% des dépenses, qui sont répartis entre  les intérêts de la dette, consécutive au programme signé avec le FMI et la dette intérieure, les dépenses en personnel représentant quant à eux 14%. Autre élément important, la répartition en grande masse des charges de l’Etat en 2018 confirme la tendance faisant des dépenses courantes, le premier poste des dépenses du budget de l’Etat. Une situation qui a une réelle incidence pour le Plan de relance de l’économie.

Au vue de toute ces éléments, il était donc nécessaire de mettre en place des mesures pour une meilleure maîtrise des dépenses courantes. Celles-ci sont d’ailleurs issues des recommandations de la Task Force sur les finances publiques de juin 2018. Elles concernent entre autres les charges financières de la dette; les dépenses en personnel; les biens et services et les dépenses de transferts.  

L’une des premières mesures visant à rationaliser les dépenses de l’Etat, a été adoptée en conseil des ministres du vendredi 16 novembre 2018, et était motivée par la nécessité de « rationalisation des établissements publics personnalisés conformément aux orientations du plan de relance de l’économie ». Ces mesures sont motivées par des considérations d’efficacité, de productivité et de clarification de compétences. 60% des établissements publics personnalisés (EPP) ont donc connu des modifications urgentes, dans le cadre de la rationalisation des finances publiques.

Pour poursuivre dans cette voie, le ministère du Budget et des Comptes publics conduit par le ministre Jean Fidèle Otandault, qui est chargé de la gestion efficiente des deniers publics, a durant le séminaire gouvernemental prévu de présenter  une stratégie de maîtrise de la dépense publique et d’optimisation des recettes. La mise en oeuvre de cette dernière aura pour finalité de réduire les dépenses courantes et favoriser les dépenses de développement qui devraient avoir un coefficient multiplicateur sur la croissance économique.

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