vendredi,18 septembre 2020
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Gabon : l’UOB et ses plus de 35 000 étudiants, l’inconsidération d’Ali Bongo pour l’Enseignement supérieur

L’alma mater des universités gabonaises est depuis deux jours orpheline de son recteur et continue de naviguer à vue comme à son habitude vers un destin incertain et ce en dépit des promesses finalement non tenues, comme d’ordinaire, du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, lequel avait pourtant annoncé lors de sa visite le vendredi 16 octobre 2015, vouloir bâtir « l’UOB qui gagne ». Actuellement ce sont plus de 35 000 étudiants gabonais qui semblent être abandonnés dans ce temple du savoir vieux de 50 ans et censé normalement, accueillir pas plus de 9000 étudiants au sein de ses 15 départements caractérisés par des dysfonctionnements chroniques et latents. Alors que les cours pour le compte de l’année académique 2019-2020 n’ont toujours pas démarré, les remous au sein de cette université ne comptent finalement jamais terminer. 

Alors que l’année 2020 a pleinement débuté au sein des instituts supérieurs et autres universités privées, l’UOB sommeille encore et toujours dans cet état végétatif qui la caractérise désormais depuis plusieurs années maintenant. Dire de l’UOB qu’elle stagne est un doux euphémisme, presque une  fleur qu’on ferait au gouvernement, au ministère de l’Enseignement supérieur et par ricochet au rectorat. En réalité et disons le sans ambage, la seule université générale publique dont dispose la capitale se meurt sous le regard complice et insensible du chef de l’Etat qui s’était solennellement engagé à faire de l’éducation sa priorité. 

La déliquescence de l’Université Omar Bongo n’est plus à présenter.  Entre les carences constatées dans son système universitaire défaillant incarnées par son application à géométrie variable du système Licence-Master-Doctorat (LMD) à laquelle vient se greffer l’état de décrépitude avancée de ces bâtiments, l’opinion ne peut que se questionner avec gravité sur la place de l’éducation au yeux d’Ali Bongo et des responsables de l’enseignement supérieur qu’il a nommés pour traduire en actes ses promesses et sa volonté pour l’éducation de nos enfants. Déjà en état de dysfonctionnement avancé, la hausse des frais d’écolage, la vente illégale des fascicules et l’absence de couverture Internet au 21e siècle viennent pousser à leur paroxysme les plaies béantes et infestées qui gangrènent ce « Temple du savoir » qui ne l’est finalement que de nom. 

De la surpopulation estudiantine, parlons-en! Il convient peut-être de préciser que l’UOB qui a été crée en 1970 sous le nom de l’Université nationale du Gabon (UNG), a été à l’origine conçue pour une capacité accueille de 9000 places assises et ce, depuis que les amphithéâtres appelés par les étudiants « préfabriqués » ont vu le jour. Or, le recensement d’octobre 2015, date de la dernière visite du chef de l’Etat au sein de cet établissement supérieur, estimait la population étudiante de l’UOB à plus de 30.000 étudiants, soit le triple de la capacité possible. Un chiffre en hausse de 15% ces 5 derniers années puisqu’elle est désormais évaluée à 35 000 étudiants.  Conséquence, seul un étudiant sur 4 peut prétendre avoir une place assise. Le reste est prié soit de ne pas assister, soit de subir l’infortune d’assister à un cours dehors, debout en essayant de capter les phrases de l’enseignement par les trous et ce dans l’inconfort total. 

Aujourd’hui, ils sont des centaines, contraints,  à préférer l’exode de l’UOB vers les écoles et les universités privées. Lesquelles font pourtant face au procès selon lequel elle ne seraient pas à la hauteur dans la qualité des enseignements dispensés. Cet argument à l’évidence ne tient pas surtout quand on sait que régulièrement, ce sont les mêmes enseignants de l’UOB qui sont à la tête de ces instituts, en même temps qu’ils y dispensent des cours. L’exemple manifeste de cette réalité est celle de l’Ecole de management du Gabon (EM-Gabon) et de l’Université africaine de sciences (UAS). Deux établissements au sein desquelles les enseignants-chercheurs titulaires de l’UOB y consacrent pleinement leur temps au détriment des amphithéâtres du « Temple du savoir » souvent privés des mêmes enseignants. 

Si le défunt président Omar Bongo Ondimba dont le nom a été donné à ladite université, avait procédé à la pose des premières pierres en 2007 à Mouila, Oyem et Port-Gentil , aucune d’entres elles n’est sortie de terre. Sans doute que l’éducation n’est pas dans les faits, une priorité pour l’actuel chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui avait pourtant déclaré lors de sa deuxième et dernière visite au sein de ladite université « vouloir bâtir l’UOB qui gagne ». Pour l’heure, le chef de l’Etat n’a servi à la jeunesse gabonaise qu’une Université d’affabulations et promesses de gascon.

L’évidence à terme difficilement contestable est celle de l’impossibilité de s’épanouir et de performer dans cet univers de la connaissance devenu au fil du temps, le fief de tous les trafics et de tous les maux qui dépravent notre société. Vente de stupéfiants, proxénétisme à découvert, braquage, bref! On trouve tout à L’UOB, tout sauf un environnement propice aux études. 

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