Gabon: l’UN dénonce l’instrumentalisation et la chosification du malade Ali Bongo

Zacharie Myboto, président de l'Union nationale © GMT

Le récent discours de présentation de voeux à la Nation du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est loin d’avoir clôt le débat sur sa capacité physique et intellectuelle à assurer convenablement sa charge à la tête de l’Etat. Réagissant à cette sortie peu rassurante pour certains, l’Union nationale (UN) a pour sa part dénoncé ce que ses membres désignent comme une « funeste théâtralisation » qui vise à clore rapidement le débat sur la santé du président Bongo.



C’est par la voix de son président Zacharie Myboto que l’UN a tenu à réagir au discours à la Nation d’Ali Bongo Ondimba prononcé le 31 décembre dernier. Pour ce parti d’opposition, cette sortie théâtralisée et orchestrée par « les conservateurs acharnés du pouvoir Bongo-PDG » a fait découvrir à l’opinion « une personne affaiblie au regard hagard, éprouvant d’énormes difficultés à articuler et à tenir un discours  de 3 minutes ».

Loin de clore le débat sur l’état de santé du Chef de l’Etat, l’Union nationale estime que ce message à la Nation a plutôt « renforcé les doutes sur la capacité d’Ali Bongo Ondimba d’assumer les lourdes charges liées à la fonction de président de la République ». « L’Union Nationale  s’indigne devant les pratiques de tous ceux dont l’instinct de conservation du pouvoir conduit à agir de la sorte. Ils  viennent de montrer à la face du monde jusqu’à quel point ils peuvent chosifier, piétiner la dignité et l’honneur d’un homme de leur propre camp, juste pour la conservation du pouvoir ou la préservation de leurs intérêts », a martelé Zacharie Myboto.

Par ailleurs, il relève que cette situation a un impact indéniable sur le fonctionnement de l’Etat pour preuve « en 70 jours, aucun décret n’a été signé. La loi de Finances 2019 qui devait être promulguée avant le 31 décembre 2018 ne l’est pas ». Face à ce constat accablant le premier responsable de l’Union nationale a indiqué qu’il est désormais urgent de désigner une commission médicale à Rabat, pour constater si Ali Bongo Ondimba est encore en capacité d’assumer les lourdes charges liées à la fonction de président de la République et déclarer ensuite la vacance du pouvoir, déjà effective.

« Face à toutes ces manœuvres  de manipulation, de théâtralisation et  devant le blocage du fonctionnement régulier des pouvoirs publics qu’elles entraînent, tous les patriotes, sans exclusive, toutes les forces du changement  et de la Résistance doivent s’unir, pour exiger ensemble l’application de l’article 13 de la Constitution, sauver la démocratie en péril, préserver notre pays des lendemains incertains et opposer une résistance farouche à toutes les velléités de conservation éhontée du pouvoir », a-t-il lancé pour conclure.

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