dimanche,20 septembre 2020
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Gabon : l’OPRAG et les contrats de la discorde

C’est la question qui taraude les esprits ces dernières semaines au sein de l’Office et ports et rades du Gabon (OPRAG) où la direction générale serait accusée de procéder à des règlements de comptes contre des employés soupçonnés d’être proches de l’ancien directeur général Régis Laccruche Lelabou. Des accusations balayées d’un revers de la main par l’actuel direction générale qui, loin de l’idée d’une chasse aux sorcières, aurait à coeur de lever le voile sur le recrutement peu catholique d’une partie d’une vingtaine de personnes quelques semaines seulement avant le changement à la tête de l’autorité portuaire.  

Depuis quelques jours, des tensions sont peu à peu perceptibles au sein de l’autorité portuaire. La pomme de la discorde serait selon certains employés, la volonté du nouveau directeur général Apollinaire Alassa de revoir les contrats d’une vingtaine de personnes recrutées en janvier dernier par son prédécesseur et qui seraient entachés d’irrégularités.

Ainsi, selon des sources internes des propositions auraient été avancées par le directeur général actuel pour résoudre cette situation. « Le directeur général a proposé entre autres d’accepter que leurs salaires actuels d’employés OPRAG soient divisés en 2 et renoncer à leurs CDI, redevenir stagiaires et au terme du stage pré-embauche revenir au CDI », nous a confié l’un des employés. Des propositions jugées illégales et incompréhensibles « alors que  le dernier conseil d’Administration, tenu en décembre dernier annonçait une hausse de 14% des recettes de l’OPRAG »

Pis les employés assurent que malgré les conseils avisés des délégués du personnel, le directeur général aurait brandit comme excuse « d’avoir été mandaté par le coordinateur Général des Affaires Présidentielles, Noureddin Bongo Valentin ». Des accusations balayées d’un revers de la main par la direction générale qui estime que celle-ci sont jonchées de contre-vérités. 

Selon une source bien introduite au sein de l’administration de l’OPRAG, lors de sa prise de fonction le 31 janvier dernier, le directeur général Apollinaire Alassa aurait épluché deux principaux dossiers sur la gestion des ressources humaines, l’un concernant les avancements, promotions et reclassement et l’autre sur les recrutements. Si le nouveau patron a levé le pied sur le premier dossier, il aurait émis des doutes sur la régularité des recrutements opérés par son prédécesseur quelques semaines avant son débarquement de l’autorité portuaire. 

Alors que des besoins n’auraient pas été exprimés notamment en matière de recrutement, l’ancienne direction générale aurait pris sur elle de recruter 23 personnes en stage pré-emploi durant le mois de janvier avec un passage de statut de stagiaire à celui de cadre pour le moins curieux. « Les personnes concernées par cette affaire, après la signature curieuse de leurs contrat avant le terme de la période de stage, sont passées à des salaires de simple stagiaire à cadre. Le salaire minimum est par exemple de 600 000 FCFA ce qui a pour incidence d’alourdir la masse salariale de plus de 19 millions de FCFA », nous a confié une source au sein de l’OPRAG. 

Sur l’idée d’un supposé règlement de comptes, une autre source au sein de la capitainerie estime qu’il n’en est rien. « La direction générale a saisi l’inspecteur du travail en charge des ports et rades qui a fait le même constat d’irrégularités et d’un conseil judiciaire qui a ouvert une enquête sur cette situation », a-t-il indiqué. Un fait encore jugé flagrant le cachet utilisé pour la signature des supposés contrats serait faux et sur la période de stage. Alors que certains devaient effectuer un stage de 6 mois à compter de janvier, ils seraient passés miraculeusement en CDI avec les privilèges qui en découlent, avant même la fin de leur période de stage. 

Si pour l’heure, la direction générale est en attente des résultats de l’enquête diligentée par ses soins, cette affaire a le mérite de mettre en lumière les comportements peu orthodoxes de certains fonctionnaires et suscite même des interrogations. Pour un proche de l’ancien directeur général Régis Laccruche Lelabou, il n’est pas à exclure que des cadres haut placés au sein de l’autorité portuaire aient profité de l’état de santé de ce dernier pour placer parents, amis et connaissances.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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