Gabon: l’opposition joue-t-elle les profitosituationistes ?

Jean Ping, entouré d'autres leaders de la CNR, le 10 février 2018 © GMT

Depuis l’avènement du multipartisme au sortir de la Conférence nationale  de Mai 1990, l’opposition gabonaise n’a presque jamais élaboré de stratégie capable de faire chuter le pouvoir incarné par le Parti démocratique gabonais (PDG) créé le 12 mars 1968 par le feu Président Omar Bongo Ondimba. Pour cause, ce camp politique attend généralement de voir le pouvoir se fragiliser pour envisager son accession à la magistrature suprême.

L’opposition gabonaise manquet-elle de stratégie pour faire face à l’hégémonie du PDG qui gouverne depuis plus d’un demi-siècle? C’est ce qu’on pourrait penser au regard de son incapacité à être une alternative crédible au « Parti de masse».

Depuis les années 90, date des premières élections multipartites, l’opposition gabonaise s’est toujours autoproclamée vainqueure des élections sans jamais  accéder au pouvoir. Pis elle n’a jamais pu mettre en branle une stratégie susceptible de mettre à mal le « pouvoir PDG ». Selon certains observateurs avertis de la vie politique gabonaise, elle a  toujours attendu que le pouvoir soit fragilisé par le décès ou l’état de santé chancelant  de son premier responsable pour prétendre accéder au sommet de l’Etat.

En 1967 déjà, aucun opposant n’a osé se présenter aux élections législatives et présidentielle anticipées face au Bloc démocratique gabonais (BDG) du feu président Léon Mba et dont le dauphin désigné après la réforme constitutionnelle de février de la même année n’était autre quAlbert Bernard Bongo qui dirigea le pays jusqu’à sa mort en juin 2009.

Après le décès d’Omar Bongo Ondimba, Les personnalités politiques de l’opposition pour la plupart sortie du PDG, ont profité de cette situation pour toutes prétendre au fauteuil présidentiel parfois avec des résultats médiocres.

Aujourd’hui avec l’annonce de l’état de santé critique du président Ali Bongo Ondimba, l’histoire aurait tendance à se répéter au regard des fortes sorties médiatiques  des figures éminentes de l’opposition gabonaise, qui dans une agitation incroyable préparent pour certains déjà leur accession au sommet de l’Etat, donnant ainsi du crédit à l’assertion « le malheur des uns fait le bonheur des autres».

Au vu de toute cette agitation qui n’intervient que lorsque le locataire du palais du bord de mer se trouve hors du Gabon pour une question de santé,  Il serait peut-être temps que l’opposition gabonaise propose des stratégies susceptibles de conduire à une alternance politique.   

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