Gabon : l’OPAM réitère sa demande d’éviction du président de la HAC

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Le président de l'Organisation patronale des médias Guy Pierre Biteghe entouré des membres du bureau © GMT

C’est au cours d’un point de presse marquant sa reprise annuelle de ses activités que l’Organisation patronale des médias (OPAM) a fait un état de ses réalisations au cours de l’année écoulée. Occasion pour les responsables des médias de réitérer leur demande d’éviction du président de la Haute autorité de la communication, Raphaël Ntoutoume Nkoghe de ses fonctions, en raison des mesures répressives à l’encontre de plusieurs organes de presse depuis sa création. 


C’est en présence de ses confrères de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne que l’OPAM a procédé au lancement de ses activités pour le compte de l’année en cours. Prenant la parole en sa qualité de président de ladite plateforme patronale, Guy Pierre Biteghe a fait un rappel des résolutions de l’Assemblée générale ordinaire élective tenue le samedi 19 octobre 2019 à Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué, au terme de laquelle il a été reconduit dans ses fonctions ainsi que certains membres de son bureau. 

Guy Pierre Biteghe a entre autres appelé les membres de son bureau à plus de diligence dans les missions qui sont les leurs pour que les actions de l’OPAM soient plus efficaces aux yeux de ses adhérents. « Si on peut se réjouir de quelques victoires lors de notre premier mandat, je note pour le regretter, une baisse de niveau depuis quelques temps. Il nous faut très rapidement retrouver notre vitesse de croisière avec ou sans moi », a-t-il indiqué. 

Par ailleurs, le président de l’Organisation patronale des médias du Gabon n’a pas manqué de réitérer la volonté de l’organisation syndicale patronale, dont il a la charge, d’obtenir l’éviction du président de la Haute autorité de la communication Raphaël Ntoutoume Nkoghe.  « La demande du départ du président de cette administration (HAC, NDLR) est toujours d’actualité », a-t-il martelé. 

Une requête aussi légale qu’opportune si l’on se fie aux dispositions de l’article 8 de l’ordonnance n°10/PR/2018 du 23 février 2018 portant création, organisation et fonctionnement de la Haute autorité de la communication qui dispose que : « Le Président de la Haute Autorité de la Communication est nommé pour toute la durée du mandat. Il peut être mis fin à son mandat en cas de manquement grave dûment constaté par la Cour Constitutionnelle sur saisine du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ». 

Doit-on rappeler que depuis la création de cette autorité administrative indépendante (AAI), la suspension des journaux est quasi systématique. Une attitude répressive qui s’accommode mal avec les notions de démocratie et de liberté d’expression dans un pays qui a perdu 7 places, passant de la 108ème en 2018 à la 115ème place sur 180 pays en 2019 au classement de Reporters sans frontières, qui dénonçait à cette occasion une « inquiétante érosion de la liberté de la presse » dans notre pays. 

Pour sa part, Harold Leckat Igasella, porte-parole de ladite organisation a noté au terme de la prise de parole du président, une décélération des sanctions à l’encontre des acteurs des médias depuis quelques mois, notamment après le plaidoyer effectué par l’OPAM auprès du Premier ministre, de la Présidente de la Cour constitutionnelle et du ministre de la Communication. Vivement que l’apaisement des tensions se pérennise et que les journalistes puissent à nouveau exercer librement dans le respect des lois et règlement en vigueur en République gabonaise. 

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