samedi,19 septembre 2020
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Gabon: l’ivoirien Yeo Shifowa Namogoh detenu à Gros-Bouquet depuis 2016

Arrêté aux lendemains des événements malheureux de la crise post-électorale d’août 2016, Yeo Shifowa Namogoh croupit depuis 4 ans dans les geôles de la prison centrale de Gros-Bouquet. Si l’informaticien ivoirien est accusé de « falsification des résultats » et « troubles à l’ordre public », sa détention préventive, qui a largement excédé le délai légal, laisse à réfléchir sur les réelles raisons de cette incarcération.

Arrivé au Gabon dans le cadre d’un contrat de prestation de service pour le compte de l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 Jean Ping, le jeune informaticien a vu son aventure transformée en mésaventure et tournée littéralement en cauchemar. Et pour preuve, après avoir été interpellé manu militari au quartier général de l’actuel opposant, pour qui il travaillait, il essuiera plusieurs sévices avant d’être jeté derrière les barreaux.

Encore plus curieux, l’information relative à son incarcération ne sera rendue publique que 3 ans après son interpellation. D’aucuns, sa famille notamment restée en Côte d’Ivoire étaient persuadés qu’il avait été tué pendant la crise. Selon notre confrère de La Loupe, Yeo Shifowa Namogoh aurait été interpellé le soir de la proclamation des élections présidentielles d’août 2016. Le génie de l’informatique a été ciblé et enlevé en compagnie d’un compatriote en charge de la compilation des votes. Si à ce jour, nul ne sait où est passée l’équipe de Yeo Shifowa Namogoh, l’on sait au moins que le principal intéressé vit certainement ses pires heures sur terre dans les murs insalubres de la très redoutée prison de  « Sans famille ».   

La situation à laquelle fait face ce jeune homme qui s’était engagé professionnellement et non politiquement est particulièrement cruelle. Notre confrère précise que pour survivre à Gros-Bouquet, l’infortuné sert de valet aux autres détenus bénéficiant d’assistance familiale pour se nourrir et ou obtenir protection auprès des caïds de la prison centrale de Libreville . Pis, la justice gabonaise qui a placé Yeo Shifowa en détention préventive aux motifs de « falsification des résultats » et « troubles à l’ordre public », viole allègrement les dispositions qui encadrent cette procédure.

Pour rappel, le Code de procédure pénale prévoit qu’en matière correctionnelle « la durée de la détention préventive peut excéder six mois ». De même en matière criminelle, « la durée de la détention préventive ne peut excéder un an ». Toutefois, même prolongée, la durée maximale de la détention préventive dans les deux domaines suscités ne peut excéder dix-huit mois. Il paraît donc difficilement justifiable qu’un détenu pour présomption de trouble à l’ordre public puisse être incarcéré 4 ans sans possibilité d’être assisté mais aussi sans possibilité de liberté provisoire. Yeo Shifowa serait-il l’exception qui confirme la règle?

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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