jeudi,22 octobre 2020
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Gabon: l’investissement étatique désacralisé au profit d’ostensibles dépenses de fonctionnement

Malgré la faiblesse des structures et infrastructures présentes dans le pays et nécessitant des investissements publics pour en assurer le dynamisme et l’évolution, l’exécutif semble se murer dans une stratégie axée sur le partenariat public privé, augmentant ainsi le niveau d’endettement. Dépensant des centaines de milliards par an en salaires et autres achats de biens et services de fonctionnement, l’exécutif a au fil des ans, désacralisé l’investissement.

Alors qu’en 1988, les dépenses d’investissements représentaient une grande partie des dépenses budgétaires portées notamment par des investissements dans les infrastructures (programme routier surtout) mais également l’éducation et le social, conformément aux deux priorités liées à la restauration des conditions du développement économique et social de l’époque, celles-ci ne représentent vingt ans plus tard, qu’un peu plus de 25% du budget général.

En effet, arrêtées à 1900 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative 2020 promulguée il y a peu, les dépenses budgétaires font une fois encore la part belle aux dépenses de personnels (683 milliards de FCFA), aux dépenses de biens et services qui malgré la crise actuelle sont en hausse de 10 milliards de FCFA à 261,4 milliards de FCFA, mais également à des dépenses de transfert évaluées à 162,4 milliards de FCFA dans la LFR.

Bien qu’elles soient sur le papier, quasiment équivalentes au montant des dépenses de biens et services et aux dépenses de transfert cumulées, les dépenses d’investissements (380 milliards de FCFA) peinent à produire des résultats probants. La crise sanitaire actuelle qui a paralysé l’activité économique, en a d’ailleurs prouvé l’inefficacité, puisque malgré des centaines de milliards décaissés depuis une dizaine d’années pour des études et autres programmes de développement (PSGE, PRE), trop peu de résultats restent visibles dans le pays.

Privilégiant donc des dépenses de fonctionnement ostensibles et en hausse constante depuis 20 ans, l’exécutif malgré son intention « d’améliorer le quotidien des Gabonais » et la nécessité d’améliorer les conditions d’accès à la santé, à l’éducation et aux infrastructures, limite de plus en plus son apport à l’économie du pays comme en témoigne la disparition des nombreuses entités étatiques. Avec une dette de plus en plus abyssale (plus de 5600 milliards de FCFA en 2020), l’économiste Ossouka Raponda et son équipe, devront vite réagir.

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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