mardi,22 septembre 2020
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Gabon: l’Institut pédagogique national verse dans le mercantilisme

Que se passe-t-il donc à l’Institut pédagogique national (IPN) ? C’est la question qui taraude l’esprit de bon nombre de citoyens observateurs des mécanismes régissant l’école gabonaise. Un questionnement qui intervient fort logiquement à la suite d’une curieuse réunion, il y a quelques temps, à laquelle les responsables de cet organisme qui constitue la cheville ouvrière en matière de production d’outils didactiques et de perfectionnement des cadres de l’enseignement dans l’optique de l’amélioration de la qualité du système éducatif, ont convié les auteurs de manuels scolaires gabonais toutes disciplines confondues.

En effet, au cours de cette rencontre dirigée par Adrien Makaya, Directeur général de l’IPN, les responsables de cet organisme étatique sous tutelle du ministère de l’Education nationale vont dérouler l’ordre du jour dont le point essentiel se trouvait être la contribution financière désormais exigée à chaque auteur pour que son œuvre soit examinée et évaluée par la commission ayant compétence d’émettre, par la suite, des recommandations pour que tel ou tel ouvrage soit inscrit au programme.    

Commençons par rappeler que la dernière commission technique d’évaluation des ouvrages à l’IPN s’est tenue en 2018. Alors ministre de l’Education nationale, Michel Menga a gelé ce prossessus afin, avait-il expliqué, de voir plus clair. Un gèle qui a d’ailleurs été encadré par deux arrêtés pris par le membre du gouvernement, notamment l’arrêté N°000221 MENFC/CAM/ME du 23 juillet 2019 portant création, organisation et fonctionnement de la Commission de Validation des manuels scolaires et ouvrages à caractère éducatif et celui N°000222MENFC/CAM/ME du 30 septembre 2019 portant création, organisation et fonctionnement de la Commission Nationale des Programmes Scolaires.

Il est donc surprenant qu’au moment où on attend la mise en application des dispositions de ces deux arrêtés, on mette les auteurs devant une telle confusion. On peut, dans le même ordre d’idées, s’étonner qu’entre 2018 et maintenant, on ait produit une liste d’œuvres inscrites au programme alors qu’aucune commission ne s’est tenue dans cet intervalle. Le plus grave c’est la présence notoire, dans cette liste, de titres clairement identifiés comme ayant été rejetés justement à la commission antérieure.

Si en lui-même, le principe d’une contribution financière, aux yeux de certains auteurs qui estiment qu’il vaut mieux l’officialiser plutôt que de voir certains commissaires toucher des pots de vin pour un service présenté au public comme étant gratuit,  cette démarche de l’IPN n’est pas sans soulever quelques questions.    

L’une de ces interrogations est liée au montant fixé qui est de trois cent mille francs cfa par titre présenté. Un auteur ayant requis l’anonymat et qui déplore le fait que les autorités  qui devraient les soutenir leur réclament plutôt de l’argent, précise même qu’au préalable, c’est une somme de cinq cent mille francs que l’IPN aurait d’abord exigée aux auteurs pour une seule œuvre présentée en commission. 

Mais la pilule ayant eu du mal à passer, les deux parties sont tombées d’accord pour un montant de trois cent mille qu’un auteur devrait désormais débourser en proposant une œuvre à la commission technique de l’IPN. Par ailleurs, l’Institut pédagogique national qui est un organisme de l’Etat gabonais ne possédant pas en son sein, une agence comptable, il y a lieu de se demander où va aller cet argent qui sera collecté par la structure ayant à sa tête adrien Makaya.  

Une autre des curiosités au cours de cette réunion a été l’omniprésence de Sylvie Ntsame dont la connivence avec les responsables actuels de l’IPN est flagrante et qui visiblement nourrit des velléités de  monopole dans un domaine où on doit pourtant laisser libre court à la diversité.  Autant dire que la tutelle est appelée à se pencher sur cette affaire et à mettre, pourquoi pas, un coup de pied dans la fourmilière.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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