Gabon: l’incompréhensible raison de l’éviction de Christian Magnagna

Christian Magnagna © D.R

Lors du réaménagement du gouvernement conduit par Julien Nkoghe Bekale les speculations allaient bon train au sein de l’opinion sur les raisons de cette décision du chef de l’Etat. C’est le cas du débarquement du désormais ancien ministre Christian Magnagna qui selon le journal confidentiel La Lettre du continent aurait été limogé après avoir passé un accord avec le groupe de BTP espagnol Eurofinsa, à l’insu de ses autres collègues et même l’Agence judiciaire de l’Etat.



On en sait un plus sur l’éviction pour le moins étrange de l’ancien ministre des Mines Christian Magnagna. Selon les informations relayées par la Lettre du continent dans sa parution n°794 ce dernier aurait été remercié après son implication pour le moins ambiguë dans le contentieux opposant l’Etat gabonais et  Eurofinsa.

En effet, l’ancien trésorier du Real Madrid, Mauricio Toledano avait été choisi au début des années 2010, pour la construction de la route nationale 1 et du stade Omar Bongo sur des préfinancements de la Société générale et la Deutsche Bank. Sauf que « en 2016, ces chantiers ont été abandonnés en raison du non-paiement de l’Etat. L’année suivante, Eurofinsa a engagé un arbitrage pour réclamer 92 millions d’euros. Tout en contestant cette facture, Libreville a de son côté, demandé le versement de pénalités pour malfaçons ainsi qu’un reliquat fiscal », relate La Lettre du continent.

En charge de suivre les contentieux avec les créanciers du Gabon, Christian Magnagna avait, le 20 décembre dernier, rencontré les responsables d’Eurofinsa à Paris pour proposer d’abandonner les poursuites en échange de 55 millions d’euros et l’effacement de la dette fiscale. Un échange qui aurait abouti à la signature d’un accord entre le ministre et l’entreprise. Sauf que ce protocole ne manquera d’embarrasser l’exécutif, car ni l’Agence judiciaire de l’Etat, ni  les ministres du Budget et de la Justice n’avaient été associés à cette initiative pour le moins cavalière.

« Décision a ensuite été prise de dénoncer le protocole en arguant qu’au moment où il a été signé, le gouvernement ne siégeait pas. En mars, l’arbitrage aura donc bien lieu. Sans Christian Magnagna », conclut le confidentiel.

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