Gabon: limogé en juillet dernier Odounga Awassi continue de présider la CNLCEI

Dieudonné Odounga Awassi © GMT

A l’issue du Conseil supérieur de magistrature qui s’est tenu le mardi 3 juillet dernier, Dieudonné Odounga Awassi, magistrat hors hiérarchie qui présidait la très inaudible Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI) avait été réintégré dans le Corps des Magistrats en qualité de président d’une des chambres de la Cour de cassation. Une décision qui impliquait son éviction de la présidence de l’institution anti-corruption, sauf que ce dernier continue curieusement de la présider jusqu’à ce jour.

Le 26 juillet dernier, nos confères de l’hebdomadaire Moutouki dans leur livraison n°131 titraient déjà « Pagaille à la CNLCEI: Otounga Awassa ne veut pas partir! ». Faisant remarquer  que « les agents fêtaient le départ de ce magistrat de l’ordre judiciaire», mais que ce dernier « s’accrochait par tous les moyens à son poste ». Il s’accroche tellement que 2 mois après la rentrée judiciaire ce président de chambre de la Cour de cassation n’a toujours pas regagné son bureau au 1er étage du Palais de justice de Libreville.

Dieudonné Odounga Awassi serait-il au dessus de la loi ? C’est la question que l’opinion est en droit se poser. Car il s’est permis de représenter le Gabon en tant que « président de la CNLCEI » au dernier « Forum du pétrole et de l’énergie », le 20 novembre dernier à Libreville alors que l’autorité censée gérer les affaires courantes de cette institution serait son Secrétaire général.

Une situation illégale qui se produit au nez et à barbe de la Chancellerie, de l’Inspection générale des services du ministère de la Justice et du Secrétariat général du gouvernement. Comment une personnalité nommée par une instance habilitée peut-elle ouvertement refuser de se soumettre à ladite nomination. Surtout que le Conseil supérieur de la magistrature présidé par le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est l’organe disciplinaire et administratif en charge de la gestion des carrières des magistrats.

Dieudonné Odounga Awassi qui à l’occasion de son discours a formulé des recommandations de la CNLCEI visant à encourager le Gouvernement à « réduire la circulation du cash afin de sécuriser et accélérer les paiements, mais surtout dynamiser le segment porteur des services et combattre la corruption » , devrait semble-t-il se soumettre d’abord au décret qui l’a réintégré à la magistrature et tourner la page de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite.

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