Gabon: les signataires de l’«Appel à Agir» droits dans leurs bottes malgré les menaces du gouvernement

Maxime Minault Zima Ebeyard et Marc Ona Essangui, deux des 10 "citoyens libres" ayant lancé l’appel au sursaut patriotique © D.R

Quelque peu visé par la récente sortie du porte-parole du gouvernement  Nanette Longa-Makinda qui s’insurgeait contre les appels « à la désobéissance et à la rébellion contre les institutions de la République » dont se seraient rendus coupables certains acteurs politiques, la plateforme des signataires de L’Appel à Agir a tenu à réagir à ses accusations qu’ils jugent pamphlétaires, sollicitant une audience au premier ministre pour l’expliquer le bien fondé de leur démarche. Nous publions in extenso l’intégralité dudit communiqué.



« Communiqué de Presse

En réponse aux Communications du Gouvernement

Ce vendredi 08 mars 2019, dans un style pamphlétaire auquel nos compatriotes sont malheureusement habitués, le Porte-parole du gouvernement a lu et transmis à la presse un communiqué dans lequel le gouvernement invective et accuse, sans jamais les citer, des Gabonais, désignés comme leaders de partis politiques, responsables syndicaux ou membres de la société civile.

Ainsi que nous l’avons rappelé dans notre adresse du 28 février 2019, notre pays traverse une crise sans précédent, qui oblige chaque citoyen au dépassement et au sursaut patriotique. Nous devons à la vérité de dire notre étonnement et notre déception face à cette réaction du gouvernement.

Au-delà de la peur panique que traduit cette déclaration, nos concitoyens sont en droit de s’interroger sur la capacité du gouvernement à se hisser au niveau des enjeux du moment.

Nul ne peut plus désormais contester l’incapacité d’Ali Bongo à assumer les devoirs de la charge de président de la République. La déclaration de la vacance que le pays appelle de ses vœux ne sera que la régularisation d’une situation de fait dans laquelle le Gabon est  plongé depuis plusieurs mois. Ne pas le reconnaitre, c’est s’enfermer dans le déni.

Selon le service communication de la Primature, ce samedi 09 mars 2019, le Premier ministre, contredisant le porte-parole du gouvernement, a fait le tour des marchés de Libreville pour « sonner la fin de la récréation » concernant le débat sur la déclaration de la vacance de la Présidence de la République en déclarant : « Je profite de cette occasion pour mettre en garde les compatriotes qui continuent à évoquer l’éventualité d’une vacance du pouvoir ».

Le droit à l’information est un droit fondamental qui oblige le gouvernement à porter à la connaissance du citoyen les informations d’ordre public. Or, les informations sur l’état de santé de Monsieur Ali Bongo, données par son cabinet ou par le gouvernement sont lacunaires, évasives et inconstantes. Son absence prolongée du territoire fonde chez les citoyens conscients et responsables la conviction que le Chef de l’État n’est pas en capacité de gouverner. D’où des demandes incessantes et logiques pour la constatation de la vacance de la Présidence de la République.

Pour notre part, nous avons adressé dès le 04 mars 2019 une demande d’audience au Premier ministre pour lui présenter le bien fondé de notre initiative et lui rappeler la nécessité de sortir par le haut de cette crise qui compromet gravement la stabilité de notre pays. Nous ne pouvons croire un seul instant que cette demande d’audience restera sans réponse et que le gouvernement se dissimulera, une fois encore, derrière les menaces de poursuites judiciaires, révélatrices d’une pratique politique fondée sur l’instrumentation de la justice par l’exécutif.

Pour le Gabon, Agissons ! »

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