Gabon : les propositions fortes de la Fegasa à la CICA-Ré

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La délégation de la Cica-Ré et les principaux acteurs de la Fédération gabonaise d’assurance et de réassurance © D.R.

Réuni ce mardi 10 décembre 2019 autour du management de la Compagnie commune de réassurance des Etats membres de la Cima (Cica-Ré), les principaux acteurs de la Fédération gabonaise d’assurance et de réassurance (Fegasa) ont fait part de leurs nombreuses inquiétudes. Au centre des préoccupations, l’augmentation du capital de 3 à 5 milliards de FCFA au plus tard en 2020, et surtout la nouvelle cession légale au 1er franc à concurrence de 5% appliqué aux assureurs gabonais à partir du 1er janvier 2020. 


Alors qu’une cession légale à concurrence de 15% pour les nonvie et 10% pour les sociétés vie dont la gestion a été confiée à la SCG-Ré filiale du FGIS, est appliquée au Gabon depuis le 1er janvier 2012, la CICA Ré s’apprête à exiger aux assureurs de la zone CIMA, une réassurance obligatoire au 1er franc à concurrence de 5%. Applicable dès le 1er janvier prochain, cette nouvelle mesure a été longuement débattue au cours de la rencontre de ce mardi. 

En effet, compte tenu du marché gabonais qui est en baisse, cette mesure « asphyxierait » un peu plus les assureurs comme l’a rappelé la directrice générale de Sunu Assurance IARD Gabon Patricia Bouddohou Chavihot, avant d’ajouter que cette cession « risquerait de mettre en grande difficulté les sociétés d’assurance qui travaillent sur le marché gabonais ». 

Dans ce contexte, les assureurs, rassemblé au sein de la Fegasa, ont plaidé pour la mise en oeuvre d’une solution permettant de sauvegarder les intérêts de toutes les parties. « La solution que le marché gabonais propose à la Cica-Ré est de voir dans quelle mesure les 5% de cession légale au premier francs que la Cica-Ré souhaite appliquer sur les sociétés d’assurance du marché gabonais puisse être transformé en 5% de rétrocession légale, c’est-à-dire que la SCG-Ré aura pour rétrocessionnaire légale la Cica-Ré au lieu que les 5% s’appliquent sur les sociétés d’assurances, elles s’appliqueront sur la SCG-Ré », a indiqué le président de la Fegasa, Andrew Crépin Gwodog. 

Rappelant qu’en 2017 les assureurs gabonais avaient obtenu de l’Etat, de surseoir l’application d’une nouvelle loi sur la cession légale à concurrence de 5% décidée par le parlement et le gouvernement, dans l’intérêt de préserver le secteur des assurances et sauvegarder les emplois, la Fegasa a fait montre de beaucoup de lucidité, et proposé à la place de cette cession, une rétrocession légale de 5% applicable à tous les marchés disposant d’une société de réassurance légale.

Estimant que ces nouveaux taux vont fragiliser davantage les exploitations techniques et la rentabilité de ces membres, l’organisation a par ailleurs évoqué l’augmentation de capital du 3 à 5 milliards de FCFA exigé par la CIMA dès 2020. Un autre fait marquant qui pourrait lourdement peser dans la balance des acteurs, d’un secteur certes en plein essor, mais encore fragile.

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