vendredi,18 septembre 2020
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Gabon: les parents d’élèves des lycées français hors contrat crient à la discrimination

Discrimination, tel est en substance le ressenti des parents d’élèves des apprenants des établissements dit non-homologués des lycées français hors contrat. Ces derniers, qui à l’opposé de ceux de Blaise Pascal sous contrat avec le gouvernement français et appelés à valider le baccalauréat par contrôle continue, sont contraint à passer l’examen du baccalauréat de façon conventionnelle. Une injustice pour ces élèves qui dénoncent l’inégalité des chances entre ses élèves pourtant tous soumis à la législation française. 

Le système éducatif français au Gabon comprend deux types d’établissements régis par le programme français. On distingue de ce fait, des établissements privés sous contrat dont le plus connu est Blaise Pascal ou encore Victor Hugo et d’autres hors contrats que sont entre autres Jacques Prévert, Michel Montaigne, René descartes, etc. Jusqu’en début de l’année 2020, le problème sur les modalités de l’examen du baccalauréat ne s’était jamais posé, ces derniers se passent normalement.

Compte tenu de la crise sanitaire mondiale liée à la covid-19, le gouvernement français annonçait, par la voix de son Premier ministre Edouard Philippe dans sa déclaration du 3 avril dernier, que s’agissant du baccalauréat français et dans la volonté de ne pas léser les apprenants, « les élèves de Terminale régulièrement inscrits, dans les Lycées francophones implantés dans le monde pour l’obtention du bac français, bénéficieront de l’évaluation du contrôle continu sur la base du livret scolaire », avait déclaré le chef du gouvernement français. Dit autrement, les apprenants des lycées français à travers le monde sont dispensés d’examens et leur examen de baccalauréat sera obtenu sur la base des contrôles continus réalisés en classe. 

Il semblerait toutefois que cette mesure fait l’objet au Gabon d’une application discriminatoire, car seuls les candidats officiels issus des Lycées français homologués comme Blaise Pascal de Libreville et Victor Hugo de Port-Gentil verront leur baccalauréat validé sur la base du livret scolaire, quand les autres hors contrat à l’instar de Michel Montaigne, Lamartine, Jacques Prévert, Prytanée Militaire, René Descartes, Marianne  sont invités concourir de façon habituelle. 

Une situation incompréhensible pour plusieurs parents des élèves inscrits dans les établissement précités. « Pourquoi, alors que nos enfants ont été inscrits dans des établissements scolaires, donc disposant de livrets scolaires, ne sont-ils pas alignés à ceux de Blaise Pascal ? Pourquoi alors que nos enfants et ceux de Blaise Pascal , étaient égaux devant la COVID-19 par rapport aux mesures drastiques émises par le Gouvernement gabonais (confinement, cours à distance, etc.), sont-ils inégaux devant le système éducatif français et sont-ils appelés à concourir en septembre 2020, avec aucune possibilité de 2nd tour dit “séance de rattrapage” ?», s’interroge un parent d’élève visiblement désabusé. 

Même son de cloche chez un autre parent d’élève qui souligne la discrimination, le manque d’égalité vis-à-vis des apprenants face à l’application de ce deux poids deux mesures d’une volonté étatique qui fait le lit à une discrimination aussi bien territoriale que scolaire. 

En agissant ainsi, le message véhiculé est celui négatif de ce que le niveau des lycées français hors contrat à l’étranger est jugé insuffisant par l’éducation nationale française. « L’année scolaire prochaine, le programme aura évolué, entraînant  d’autres conséquences difficiles à gérer pour les élèves et les enfants. La seule chance d’obtenir leurs examens est de rétablir le principe d’égalité qui fait défaut aujourd’hui et qui nous contraint à penser que le triptyque « Liberté- Fraternité et Egalité » longtemps prôné par la France, partenaire traditionnel du Gabon, ne concerne que l’Hexagone et ses biens à l’Étranger », fustige un parent d’élève.  

Jointe au téléphone par la rédaction de Gabon Media Time, et interrogé sur la question et sur les positions des parents d’élèves, l’Ambassade de France au Gabon par le biais d’un de ses employés a expliqué le choix de ce mécanisme qui fait l’objet de dénonciation de parents des apprenants inscrits dans les établissements hors contrat. « Pour ce qui concerne les candidats libres, au plan mondial et sans exception, le ministre a décidé que devait être conservé le principe d’épreuves écrites, considérant que l’application du contrôle continu se heurtait à l’hétérogénéité des livrets scolaires. Ceux-ci, différents selon les établissements, ne correspondent pas nécessairement à ceux des lycées homologués. L’évaluation des candidats libres sur livret scolaire ne présenterait donc pas l’homogénéité requise, au risque qu’un candidat méritant le baccalauréat se le voit refuser ou inversement », a-t-il expliqué. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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