Gabon: les objectifs irréalisables du gouvernement plombent les perspectives économiques

Vue de Libreville, capitale du Gabon © D.R

Entre les multiples chantiers à l’arrêt faute de financements, les dérapages budgétaires substantiels, la faiblesse des institutions soulignée à maintes reprises par le Fond monétaire international (FMI),  et la « performance relative des Programmes » qu’a récemment soulignée la Cour des comptes, de nombreuses questions demeurent sur la viabilité des projets et des objectifs que se fixe le gouvernement.



Même s’il a été rendu public avec quelques mois de retard à cause de « la transmission tardive des documents nécessaires au contrôle » par certaines directions générales, le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution budgétaire est assez édifiant. Il souligne notamment bon nombre de « discordances », mais surtout il met en évidence la « performance relative des Programmes gouvernementaux ».

En effet, au regard de la difficulté pour le gouvernement de mener à bien les différents projets engagés et des résultats obtenus jusqu’ici, on est en droit de se demander si les objectifs que se fixent le gouvernement sont réalisables. Malgré les difficultés de trésorerie, les mises en garde et récriminations des bailleurs de fonds, les mesures d’austérité, le gouvernement s’obstine pourtant à se fixer des objectifs inatteignables.

D’ailleurs, dans son rapport 2017, la Cour des comptes a fustigé un certain nombre de manquements allant « de l’insuffisance des dotations budgétaires, du non décaissement de la totalité des fonds affectés aux programmes, des contraintes administratives qui ne permettent parfois pas de réaliser une activité dans des délais raisonnables, jusqu’à la faiblesse du cadre juridique de mise en œuvre de certaines activités, ou encore le manque d’assistance technique pour la réalisation de certaines activités ».

Toutes ces dérives qui dénotent d’une certaine légèreté dans la conduite des objectifs et de l’exécution budgétaire, soulignent une forme de « pilotage à vue » des autorités, ce qui est largement défavorable à l’économie gabonaise. Qu’à cela ne tienne, si la Budgétisation par Objectifs de Programmes (BOP) a été abandonnée, les nouvelles procédures de gestion instituées par le Premier ministre, pourraient, on l’espère, apporter une solution à ces problèmes d’ordre éthico-administratif.  

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