mardi,24 novembre 2020
Accueil A La Une Gabon: «les liquidités du gouvernement restent limitées et l’amélioration du bilan prendra...

Gabon: «les liquidités du gouvernement restent limitées et l’amélioration du bilan prendra du temps»

En présentant l’évaluation de la note de crédit souveraine du Gabon le 7 juillet dernier, l’agence américaine de notation financière standardisée Moody’s a donné un certain nombre d’indications pertinentes sur les perspectives économiques à moyen terme du Gabon post Covid-19. Ainsi, en indiquant par exemple que « le rétablissement de la santé du bilan du gouvernement du Gabon prendra du temps »,  Lucie Villa, vice-présidente de Moody’s a implicitement douché les assurances du gouvernement sur la résilience de notre économie.

Les mêmes causes produiront inlassablement les mêmes résultats serait-on tenté de dire, au regard de la notation souveraine accordée au Gabon par les agences spécialisées en la matière. De Fitch Ratings qui soulignait en avril dernier que le Gabon présente désormais « un risque de crédit substantiel », à Moody’s qui vient d’affubler le Gabon d’un Caa1 reflétant « sa dépendance à l’égard du pétrole », les perspectives du pays à long terme semblent obstruées par l’absence de diversification et de « décisions courageuses ».

En effet, bien que « positives » comme vient de le souligner Moody’s, les perspectives du Gabon à moyen terme évolueront au gré du vent. Au regard de la « dépendance à l’égard du pétrole (dont le secteur demeure menacé par une nouvelle vague de Covid-19) pour la croissance, les exportations et les recettes publiques », et surtout de la « faiblesse institutionnelle (…) la mauvaise gestion des finances publiques et l’accumulation d’arriérés de dette extérieure » soulignées par Fitch et Moody’s, l’économie pourrait avoir beaucoup de mal à se remettre des aléas de cette crise sanitaire.

D’ailleurs, Lucie Villa, vice-présidente de Moody’s, agente principale de crédit et auteur du rapport sur la notation du Gabon, ne s’y trompe pas en indiquant que « les liquidités du gouvernement restent limitées comme en témoignent les arriérés persistants envers les fournisseurs et les créanciers nationaux (…) et que le rétablissement de la santé du bilan du gouvernement prendra du temps ». Une révélation qui devrait interpeller ledit gouvernement notamment sur la nécessité de réévaluer des arbitrages budgétaires qui laissent dubitatifs.

Avec un repli de 2% annoncé en 2020 par Moody’s dans son rapport et expliqué en partie par la baisse fondamentale des recettes pétrolières, l’économie gabonaise, dont le budget rectificatif a été adopté à un peu plus de 3047 milliards de FCFA (en baisse de 283,6 milliards de FCFA), devrait subir pendant encore quelque temps les affres du Coronavirus. Une situation qui aurait pu être évitée si le gouvernement avait misé sur les secteurs à forte valeur ajoutée dont l’agriculture, l’élevage ou encore le tourisme. 

Laissez votre commentaire

Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
Global Media Time Gif 2px
Bestheinfusion