Gabon: les flics, la chauffarde, Lambert-Noël Matha et le deux poids deux mesures

Incident du feux tricolores de Jeanne Ebori impliquant un policier © D.R

Suite à l’incident impliquant un membre des forces de police nationale et qui a fait le tour des réseaux sociaux le ministère de l’Intérieur a tenu à éclairer l’opinion  sur les faits ayant conduit à cette affaire qui a suscité moquerie et réprobation chez plusieurs citoyens. Si l’on apprend un peu plus sur le déroulement de l’incident, il n’en demeure pas moins que certains observateurs s’interrogent sur le choix de l’administration de tutelle de dissimuler l’identité de l’individu qui s’est clairement rendu coupable de l’agression d’un policier dans l’exercice de ses fonctions.



Certaines personnes seraient-elles au dessus de la loi? C’est la question que de nombreux Gabonais se posent depuis des années au vue des cas de plus en plus flagrant de personnes qui réussissent très souvent à échapper aux mailles de la Justice. L’incident de ce  lundi 1er avril 2019 à la hauteur des feux tricolores de Jeanne Ebori, entre un usager de la route et deux policiers en faction à cet endroit est une preuve supplémentaire qu’il existe une catégorie de citoyens qui peuvent se permettre toutes sortes d’écarts sans risquer d’être inquiétés.

Selon, le communiqué du ministère de l’Intérieur qui relate les faits, tout est parti « d’un bus de marque Toyota Hiace roulant en feux de détresse hors de la file » au feu tricolore laissant entrevoir une urgence. Ledit véhicule est venu « s’interposer pour demander le passage en priorité aux deux sous brigadiers qui régulaient la circulation. A bord, il y avait effectivement une dame allongée que le chauffeur conduisait au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville. Le passage lui a été cédé ».

C’était sans compter sur l’empressement d’un véhicule embusqué de « marque Range Rover de couleur noire immatriculée BP 443 AA, conduit par une dame dont l’identité est désormais connue » qui a expressément forcé le passage en dépit des injonctions réglementaires du policier. « Celui-ci, ayant été percuté, n’a eu son salut qu’en s’agrippant au capot du véhicule qui l’a traîné des feux tricolores de Jeanne Ebori jusqu’aux feux des Affaires étrangères. Ce dernier n’a eu la vie sauve que grâce à l’interposition de la clameur publique et des collègues en poste aux Affaires étrangères », révèle le ministère.

Chose encore plus étrange, « l’individu bien identifié » quoique l’identité n’ait pas été révélée, au risque de laisser penser à une dame ayant des connaissances haut placées, n’a pas daigné « descendre ses vitres, préférant passer des coups de fil, jusqu’à l’arrivée de certaines de ses connaissances ». Une situation bien curieuse lorsqu’on connaît la promptitude des autorités judiciaires à dévoiler l’identité des personnes parfois impliquées dans des faits moins graves.  

Par ailleurs, bien que le ministère de l’Intérieur dirigé par Lambert-Noël Matha a dit avoir ouvert une enquête, il est peu probable de voir celle-ci aboutir alors qu’on est en présence de délit de refus d’obtempérer, de violences et voies de faits contre des agents de la force publique, dans l’exercice de leurs fonctions, dont les faits sont passibles des peines prévues et réprimées par les articles 157 et 230 du Code Pénal gabonais.

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