Gabon: les ex employés de Weatherford réclament 1 milliard d’impayés d’heures supplémentaires

Ce 18 septembre 2019, s’est tenue au cabinet Kalmi avocats Associés sis à la Sablière,  une conférence dont l’ordre du jour a porté  sur la bataille juridique qui oppose les anciens employés de Weatherford Gabon à la direction générale de ladite entreprise. En effet, les 64 ex-employés de cette entreprise pétrolière réclament environ 1 milliard de Fcfa au titre des heures supplémentaires qu’ils auraient effectuées durant 5 ans.

Au cours de ce point de presse animé par Maître Irenée Mezui Mba, ce dernier a tenu à édifier l’opinion nationale et internationale sur la  « réalité du ténébreux conflit qui les oppose à leur ex employeur ». Recruté en contrat à duré indéterminé chez le sous-traitant pétrolier contrairement aux clauses de départ qui prévoyaient des journées de travail de 8 heures, ils effectuaient 12 heures de travail par jour. 

En effet, selon les nouvelles exigences de leur employeur, ces derniers travaillaient 4 heures supplémentaires du lundi au vendredi et 12 heures de plus pour les week end. Cette situation a duré environ cinq années successives, de 2010 à Octobre 2016.

Ayant maintenu ses employés dans cette situation en toute violation des termes du contrat de travail qui les liait, l’employeur a finalement procédé à la modification de heures de travail par avenant. Une régularisation intervenue tardivement qui poussera ces agents lésés dans leurs droits à réclamer à juste titre d’ailleurs, le paiement des heures supplémentaires effectuées avant la signature dudit avenant. Une revendication qui ne laissera pas l’employeur indifférent puisqu’il acceptera de s’acquitter de sa dette. 

Mais, l’employeur s’est finalement rétracté et le conflit a été porté devant le tribunal de Port-Gentil après son échec devant l’Inspecteur du travail. Saisi par le collectif des ex-employés, le Président dudit Tribunal ordonnera le 19 mai 2017 une saisie conservatoire sur les biens de Weatherford. Mais le 22 juin 2017, la Société a bénéficié d’une mainlevée pleine et entière sur les saisies pratiquées sur ces biens. L’autre saisie autorisée le 12 juillet 2018 va encore faire l’objet d’une demande de mainlevée dont le rejet par le tribunal n’empêchera pas le déplacement de ce matériel vers une destination  inconnue. Suite à cela, le 25 septembre 2018, la décision du juge qui ordonnait la mise à disposition du matériel entre les mains d’un séquestre sera suspendue par le Premier Président de la Cour d’Appel. 

Pour finir, la demande en paiement des heures supplémentaires rejetée par la chambre sociale du tribunal a fait l’objet d’un appel. L’employeur quant à lui, obtiendra à nouveau une mainlevée sur les saisies du 13 juillet 2018 avant que la partie adverse ne soit encore une fois autorisée à faire une énième saisie sur ce qui reste des équipements de la Société. Certains auraient déjà été déplacés dans le cadre de la démobilisation en cours de la société que les responsables s’évertuent pourtant à nier, ce malgré les preuves en leur possession.

Un imbroglio juridique qui laisserait dès lors penser que des mains noires agissent dans l’ombre afin que ce dossier n’aboutisse pas . « Non seulement, le greffier qui a reçu la requête aux fins de saisie conservatoire de mes clients va être appelé pour être recadré, mais également le juge qui a ordonnancé la requête. (…) On croirait qu’on marche désormais sur la tête », a martelé Maître Irenée Mezui Mba

Quoiqu’il en soit, les ex-employés de Weatherford, accompagnés de leur Conseil sont attendus ce 19 septembre à Port Gentil dans le cadre de la tenue de l’audience de mise en état devant la chambre sociale de la Cour d’appel. Espérons que cette affaire trouvera enfin un dénouement heureux, histoire d’apporter du réconfort et de la satisfaction à ses pères et mères de famille qui ne font que réclamer leurs droits.

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