Gabon: les étudiants gabonais à l’EAMAU victimes de détournement de leurs bourses?

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Le bâtiment de l'École africaine des métiers de l'architecture et de l'urbanisme (EAMAU), au Togo © D.R.

Lauréats du concours d’entrée à l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) sise à Lomé au Togo, les 19 étudiants gabonais font face à une précarité qui serait orchestrée par l’agence nationale des bourses du Gabon (ANBG). En effet, entre retard de paiement et attributions de bourses à des étudiants fictifs, les Gabonais inscrits au sein de cette école supérieure ne savent plus à quel saint se vouer. La direction générale de l’ANBG dit ne pas être au courant de cette situation.


« La jeunesse est sacrée » aimait à répéter l’ancien président de la République gabonaise, feu El Hadj Omar Bongo Ondimba. Par cette phrase symbolique, il exprimait son désir de placer la formation au centre des priorités de la politique globale de l’Etat. Le constat fait aujourd’hui s’éloigne de façon assez évidente de la vision de l’ancien Chef de l’Etat. Autant dire que le  fossé entre la politique actuelle et celle d’autrefois est abyssal.  Si autrefois,  étudier à l’étranger exonérait les étudiants gabonais du parcours du combattant que vivent ceux de l’Université Omar Bongo (UOB), et d’autres établissements privés et publics locaux, la donne est tout autre aujourd’hui. 

À l’instar des 38 étudiants gabonais admis au concours de la Commission internationale du bassin du Congo-Oubangui-Sangha (CICOS) en pleurs dans une vidéo qui a fait le tour de la toile l’année dernière, c’est au tour des 19 étudiants gabonais au Togo envoyés à l’EAMAU de dénoncer les difficultés qu’ils rencontrent. En effet, ces derniers vivent des jours sombres en territoire étranger, précarisés et affamés du fait du nonpaiement des bourses.

Selon un étudiant joint par Gabon Media Time, « depuis la rentrée d’octobre 2017-2018 nous ne bénéficions plus d’une assurance santé contrairement aux autres étudiants gabonais boursiers ». Par ailleurs, si l’ANBG est censée reverser mensuellement les bourses, la situation réelle est autre. « Nous faisons face à une situation de nonversement de nos bourses du 3ème trimestre de l’année en cours, que nous devrions percevoir durant le mois d’octobre dernier », a déclaré un autre  étudiant qui a requis l’anonymat. 

De son côté, l’ANBG et l’agence comptable auraient justifié les retards au niveau du prestataire, selon les étudiants qui disent avoir contacté le responsable Afrique de l’Ouest de l’agence. Ainsi de l’ANBG qui établit la liste, l’agence comptable exerce le calcul afin que le prestataire fasse parvenir l’argent au banque. Entre temps, l’ancien prestataire qui n’est autre que la Caisse des dépôts et de consignations (CDC) aurait été remplacé par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), transformant ainsi l’opération en un véritable schéma flouté. 

Contactée par Gabon Media Time, une source à la direction générale de l’agence nationale des bourses du Gabon a affirmé que l’agence n’est pas au courant de cette situation. Mais elle assure que l’ANBG prendra attache avec le responsable des lauréats de l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU), pour en savoir un peu plus.

Par ailleurs, les étudiants se plaignent également des « attributions de bourses à deux étudiants fictifs à savoir Boulingui Christie et Ella Abessolo Franck. Leurs bourses ont été actualisées jusqu’à septembre 2020. D’où nous nous posons la questions sur l’identité de celui qui profite de ce montage financier ? », nous a confié un des étudiants. Abandonnés à leur triste sort, ces étudiants n’entendent pas rester muets.

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