Gabon: Les élèves s’insurgent contre les mesures du gouvernement

Les mesures prises par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 29 mars dernier, notamment celle portant modification des modalités d’attribution de bourses d’études, ont entraîné ce lundi 8 avril, jour de rentrée des classes pour le 3ème trimestre de l’année académique, une levée de boucliers des élèves. Plusieurs villes du pays sont impactées.


Selon des informations recueillies par Gabon Media Time, auprès de plusieurs élèves des localités de l’intérieur du pays telles que Lambaréné, Makokou, Port-Gentil, Moanda et Franceville, des centaines d’élèves sont en train de battre le bitume pour protester contre ce que plusieurs parmi  eux qualifient de « mise à mort du système éducatif gabonais ».

A Port-Gentil, les élèves du lycée technique Jean Fidèle Otando et ceux du lycée Joseph Ambouroue Avaro notamment sont en train de défiler sur le boulevard Léon Mba, ils remontent cette artère principal de ville en direction du gouvernorat pour manifester devant le représentant du gouvernement dans la ville de sable leur ras-le-bol.

Même son de cloche dans les autres chefs lieu de province dans lesquels nous avons pu obtenir des retours des manifestants.  « Nous apprenons dans des conditions qui ne favorisent l’obtention d’une moyenne de 12/20. Dans ma Terminale nous sommes plus de 100 élèves pour peu que certains bavardent un peu trop le professeur quitte la salle et vient nous examiner sur le cours qu’il n’a pas pu finir. La jeunesse n’est plus sacrée dans ce pays. Le gouvernement a décidé de nous sacrifier », a confié un élève du lycée Alexandre Sambat de Makokou.

Dans une interview accordée à L’Union et parue ce lundi 08 avril, le ministre d’Etat chargé de  l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et du Transfert des technologies, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, persiste et signe: « Le Bac à 19 ans n’est plus un événement au Gabon, c’est une norme ». Pour le ministre d’Etat, l’heure n’est pas à la passion mais à la rationalité.

Selon Mays Mouissi analyste économique, dans un pays où les responsables gouvernementaux disent « placer l’éducation au rang des priorités nationales, on peut s’étonner que la modification des critères d’attribution des bourses annoncée ne poursuit aucun objectif académique mais vise simplement à réaliser des économies budgétaires », dénonce-t-il.

Avec cette ouverture des hostilités dans l’hinterland, il n’est pas impossible que des établissements de l’Estuaire entrent dans la danse. Nous y reviendrons.

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