Gabon : Les agents du ministère des Mines exigent le départ du SG

Le Sypromines appelle au départ du secrétaire général du ministère des Mines © GMT

En grève illimitée depuis plus d’une semaine, les agents du ministère des Mines du Gabon, regroupés au sein du Syndicat des professionnels des mines (Sypromines), exigent le départ pur et simple de leur secrétaire général pour lever leur mouvement d’humeur qui semble faire du bruit dans Landerneau.

Le ton est visiblement monté au ministère des Mines du Gabon. Depuis le lancement, en début de semaine, d’une grève illimitée des agents dudit ministère, une confusion totale règne, notamment entre l’administration et le Sypromines. Hier, les grévistes ont décidé de passer à la vitesse supérieure pour attirer l’attention des plus hautes autorités. Pour ce faire, ils ont arboré des affiches et des banderoles à l’entrée principale de l’institution avec comme inscriptions. «Démission du SG exigée, prestation de serment pour les agents de contrôle, trop de déviation dans l’activité manière», a-t-on pu lire.  

En effet, le Sypromines fait savoir que le secrétaire général «conserve sous ses tiroirs, des informations sensibles notamment, la régie et la délocalisation des signatures». Pour Chen Sylvestre Mezui M’Obiang, président, Syndicat des professionnels des mines, «le secrétaire général brille par son arrogance et sa volonté de ne pas voir les choses bouger. Il bloque toutes les signatures», avait-il dénoncé dans les propos relayés par notre confrère Gabonreview le 15 mars dernier.

Plusieurs semaines après, aucune revendication n’a trouvé un début de solution jusqu’à ce jour. L’une des conséquences directes de ce blocage, c’est la multiplication des zones de non droit sur les sites d’exploitation minière. En effet, plusieurs sociétés de ce secteur exercent «en toute liberté», sans le moindre contrôle de l’administration. «C’est le cas de la société AGL Gabon implantée à Ndjolé, dans le Moyen-Ogooué, qui exploite en toute impunité de l’or dans cette localité, sans le moindre regard de l’administration des Mines, alors qu’elle ne détient que la licence de recherche», a expliqué le président du Sypromines.

Sur cette question précise, comme sur d’autres, la tutelle balaye du revers de la main ces accusations et confie ne pas comprendre les motivations des agents grévistes. Dans les colonnes du quotidien L’Union, l’administration indique que seul le chef de l’État et le ministre des Mines ont le pouvoir de signer les actes réglementaires (décrets ou arrêtés) octroyant des titres miniers à toutes personnes morales conformément aux dispositions du Code minier. Ce qui exclut de facto le secrétaire général du ministère des Mines de ce processus.

Plongé dans une impasse, un enlisement du conflit semble probable sauf si la voix du dialogue est utilisée. Justement à cet effet, le patron de ce département ministériel, Christian Magnana, souhaite y maintenir le dialogue social. Tout en précisant que le «dialogue social ne veut pas dire faiblesse de l’administration ou renonciation à ses missions et attributions ». Wait and see.