vendredi,17 septembre 2021
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Gabon: l’entrepreneuriat en période covid, la croix et la bannière

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En dépit d’une volonté d’entreprendre constatée notamment chez les jeunes comme le révèle le bilan du Guichet numérique de l’investissement (GNI) publié le 16 juillet dernier par l’Agence nationale de la promotion de l’investissement (ANPI), le Gabon reste encore fortement marqué par la fragilité de son climat des affaires. Accentué par la pandémie de covid-19, celui-ci s’est un peu plus détérioré, complexifiant davantage la tâche des entrepreneurs pour qui c’est désormais la croix et la bannière. 

Solution prônée par le gouvernement pour résoudre l’épineuse question du chômage, l’entrepreneuriat fait son petit bout de chemin au Gabon, comme le démontre le récent rapport de l’ANPI qui souligne que 6 951 entreprises ont été créées entre juin 2020 et mai 2021, la population est davantage tournée vers l’entrepreneuriat. Cependant, la consécration de cet engouement observé pour la création d’entreprises reste à ce jour confrontée à de nombreux obstacles, notamment le climat des affaires. 

En effet, classé dans le Doing Business 2020 au 35ème rang sur le continent et 169ème au plan mondial en matière d’amélioration du climat des affaires, le Gabon peine à fournir à ses entrepreneurs un environnement favorable à leur développement. Et pour cause, entre difficultés d’accès aux crédits du fait d’un système bancaire archaïque, écosystème peu favorable, absence de mesures d’accompagnement, l’entrepreneuriat demeure une « utopie(…) un rêve vendu aux jeunes sans y mettre les garde fous », comme l’a d’ailleurs déploré, Marlon Sanga, promoteur de FRUI’TONIK.

Davantage détérioré en 2020 avec la crise sanitaire liée au covid-19 et ce malgré la mise en place du Guichet numérique d’investissement (GNI), ce climat des affaires peine donc à assurer la viabilité des jeunes pousses locales. Or, dans un contexte où près de 104 000 emplois ont été perdus en juin 2020 selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entretenant un peu plus un niveau de pauvreté estimé à plus de 32% selon l’ONU, la dynamique de ces entrepreneurs aurait pu infléchir cette tendance ou à minima la réduire considérablement. 

En marge d’une dynamique continentale qui voit de nombreux pays faire décoller leurs startups à travers de nombreuses initiatives à l’image du Sénégal, qui a gravé dans le marbre son soutien aux startups à travers une loi facilitant « un environnement incitatif spécifique à la création et à la promotion de la startup dans le pays », l’exécutif gabonais n’offre quant à lui à ses « champions nationaux », qu’un parcours en forme de croix et de bannière. Se tirant ainsi une balle dans le pied, quand on sait l’impact potentiel de ces startups dans le développement du pays.

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