Gabon: l’endettement freine l’adaptation à l’évolution rapide du monde

Une vue du Marché Mont Bouët de Libreville © D.R.

Malgré un taux de croissance qui devrait se stabiliser en 2019, le Gabon n’est pas encore sorti de l’auberge et ses perspectives à long terme sont peu reluisantes, du fait notamment de l’absence de politiques socio-économiques portées vers une « croissance partagée » des ressources, et un niveau d’endettement en « constante augmentation ». Ainsi, alors que la croissance économique ralentit et que la dette publique reste élevée dans le monde entier, le gouvernement éprouve de plus en plus de difficultés à relever les défis liés à l’éducation, l’emploi, la santé et la retraite.



Le nouveau Moniteur des finances publiques du Fonds monétaire international (FMI) donne quelques indications sur la conduite que devraient tenir les dirigeants d’Afrique subsaharienne et donc du Gabon en matière de politiques socio-économiques. Soutenant que ces derniers peuvent adopter une vision à long terme favorisant ainsi « une croissance plus forte et inclusive », le FMI insiste sur le fait que les dirigeants « doivent mettre de l’ordre dans les finances publiques ».

En effet, si jusqu’à présent la situation reste peu reluisante avec une dette en « constante augmentation » comme l’a révélé la Cour des Comptes, certaines décisions fortes pourraient être prises notamment celles visant « une réduction progressive de la dette dans le but de se préparer au prochain ralentissement économique ». De ce fait, le gouvernement devrait se pencher sur une « modernisation de la politique budgétaire et investir dans l’avenir de la population », ce qui est loin d’être le cas actuellement.

Pour revenir, à la récente « mission de visite » de la délégation du Fonds monétaire international (FMI), cette dernière en rendant ses conclusions, a justement signifié au gouvernement qu’il devait « mieux répartir les dépenses, dégager plus de marges budgétaires et améliorer la politique fiscale », ce qui permettrait comme l’a souligné Boileau Loko, de « permettre aux populations de ressentir que les efforts qu’ils fournissent depuis 2-3 ans, portent leurs fruits ».

limitant la capacité des dirigeants à augmenter les dépenses et à réduire les impôts pour compenser une faible croissance économique, le niveau d’endettement actuel plombe les perspectives économiques. S’il multiplie les réformes en tous genres, le gouvernement devrait axer sa réflexion sur le développement humain des populations. Ces réformes devraient donc s’accompagner d’actes forts, portés vers la mise en valeur des ressources humaines tout en promouvant une « croissance partagée ».

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