Gabon: l’empoisonnement au mercure à l’origine de la mort de milliers de poissons dans la Ngounié et l’Ogooué?

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Plusieurs milliers de cadavres de poissons jonchant les berges de l’Ogooué © Montage GMT

Depuis près de 72 heures,  l’opinion est en alerte après le signalement par les populations vivant dans les lacs de Lambaréné de la mort mystérieuse de plusieurs milliers de poissons dont les cadavres jonchent les berges  de l’Ogooué. Si pour l’heure les causes de cette catastrophe restent à déterminer, de nombreux acteurs de l’environnement émettent l’hypothèse d’un empoisonnement au mercure, élément chimique utilisé dans l’exploitation de l’or. 



C’est par le biais d’un Rapport technique sur l’observation de poisson morts sur l’Ogooué, dont Gabon Media Time a pu obtenir copie, adressé au ministre de la Forêt, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat et au gouverneur de la province du Moyen-Ogooué, que le gestionnaire du site Ramsar Bas Ogooué Guy-Philippe Sounguet a indiqué avoir été alerté le 9 juillet dernier par les populations vivant sur les berges de l’Ogooué, en amont de Lambaréné, par la découverte de cadavres de plusieurs centaine de poisson.

Une situation pour le moins préoccupante et qui suscite une véritable psychose au sein des populations vivant dans cette partie du pays. Pis, selon le même document, les causes  de ces morts d’une très grande ampleur interviennent durant le pic de la saison de pêche de la carpe, qui suggère un véritable danger non seulement pour l’écosystème mais aussi pour la santé des populations.

Si dans son rapport, le gestionnaire du site Ramsar Bas Ogooué émet plusieurs hypothèses sur les causes de ce désastre notamment « la pêche au poison effectuée par les communautés locales; l’exploitation minière illégale et particulièrement de l’or, les changements climatiques ou encore l’arrêt de l’exploitation de l’or dans la zone de l’Ikoye qui peut laisser supposer que les produits utilisés pour l’exploitation du minerai n’ont pas été sécurisé », les populations elles optent pour cette dernière.

En effet, des Chinois et des orpailleurs clandestins utiliseraient le mercure pour leur exploitation. Ce mercure déversé dans les cours d’eau pour nettoyer l’or serait à l’origine de ce drame aurait confié les habitants. Face à l’incertitude qui règne sur les causes réelles de cette catastrophe écologique, l’ANPN recommande que des enquêtes et analyses approfondies soient menées par le laboratoire de l’ANPN et celui du Centre national de recherches scientifiques (CNAREST).

Pour de nombreux observateurs, cette situation devrait interpeller les autorités, qui selon le responsable du Centre National des Données et de l’information Océanographiques (CNDIO) , par ailleurs, Chargé de Recherche CAMES et géographes des Mers et des  littoraux, le Dr. Brice Koumba Mabert doivent déclencher le plus rapidement possible un « plan d’urgence ».   

Il consistera entre autres à « identifier les sources de pollution et les responsabilités et déterminer les stations d’observation dans les bassins de la Ngounié et de l’Ogooué, le long des rivières et des cours d’eau jusqu’au débouché de l’Ogooué (delta nord et sud) et dans les différents lacs ». « Le suivi se ferait entre aujourd’hui et l’arrivée véritable de la saison des pluies car avec les précipitations futures, on peut craindre une remobilisation des particules sources de la pollution.  Sur le plan sanitaires, les équipes investigueront les bassins en question, les villages et villes, les hôpitaux et centres de santé pour identifier les potentiels cas d’intoxication déjà observés », a-t-il suggéré dans sa réaction.

 

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