mardi,26 octobre 2021
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Gabon: l’éloge funèbre de l’Union nationale à Casimir Oye Mba

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Décédé à Paris le jeudi 16 septembre 2021, la dépouille de Casimir Oyé Mba a été rapatriée au Gabon. Dans le cadre des derniers hommages à l’illustre disparu, sa famille politique, l’Union nationale (UN), dont il était membre fondateur et vice-président, n’a pas dérogé à la règle des éloges funèbres. Ci-dessous l’intégralité dudit éloge funèbre lu par Jeannine Taty Koumba.

Mesdames, Messieurs,

M’exprimant au nom de l’Union Nationale, je voudrais d’abord dire notre profonde compassion à la famille de Casimir Oyé Mba, à ses amis, à ses proches et à toutes celles et tous ceux qui ont partagé sa vie, allégé ses fatigues, égayé les jours de gloire et l’ont soutenu dans les heures agitées ou difficiles. À chacune et à chacun de vous, nos plus sincères condoléances.

Mesdames, Messieurs,

Nous voulons exprimer notre douleur car le chemin que nous avons parcouru ensemble depuis 2009, les épreuves que nous avons affrontées, les difficultés que nous avons surmontées ont rendu sa présence essentielle. Ce n’est pas par des plaintes et des lamentations qu’il convient de célébrer ceux qui laissent une grande mémoire, c’est par la sincère image de leur œuvre et de leur vie.

Il ne nous appartient pas de vous conter le parcours académique de Casimir Oye Mba. Il ne nous appartient pas non plus de vous parler du banquier central, du membre du Gouvernement ou du Premier ministre. Cet itinéraire exceptionnel, il l’a suivi avant d’apporter sa pierre à la création de l’Union Nationale et d’y consacrer les douze dernières années de sa vie. Les hommages qui lui ont été rendus depuis ce jeudi 16 septembre de triste mémoire attestent de l’importance de son œuvre. Que tous ceux qui ont salué l’homme d’État au service du Gabon et de l’Afrique centrale, trouvent ici l’expression de nos remerciements. 

Pour notre part, nous souhaitons vous conter le Citoyen engagé, attaché aux principes et valeurs de la République et qu’il nous laisse en héritage.

Mesdames, Messieurs,

Casimir Oye Mba était bon. Il avait la grandeur et l’humilité des grandes âmes. Il était profondément moral. Il détestait le vice qu’il dénonçait d’un ton ferme sans jamais blesser personne. Son défaitisme apparent cachait mal un optimisme réel, une foi obstinée au progrès de l’intelligence et de la justice. Dans son propos privé comme dans ses déclarations publiques, il exprimait une détestation vigoureuse de la facilité, de la médiocrité, du népotisme et de la couardise. Il combattait ce mal de notre temps : l’argent coûte que coûte. « L’argent a pourri mon pays » déclarait-il en 2017. Ce réaliste sincère était un ardent idéaliste.

Casimir Oye Mba avait incontestablement la République chevillée au corps. Il se conformait à ses règles et en respectait les institutions. Il vouait le plus grand mépris aux responsables qui, à leur service, les travestissent. Démocrate, il mesurait l’importance du soutien populaire, sans jamais sombrer dans la démagogie ou la rhétorique faussement guerrière. Jamais, il ne flattait le peuple ou ses bas instincts. Toujours, il s’efforçait de lui montrer les retombées de l’ignorance, les dangers de la corruption et de la compromission.

Fils de Nzamaligue, né sur des feuilles de bananier comme il le revendiquait, ayant longtemps marché pieds nus pour se rendre à l’école, caricaturé dans l’opinion comme « l’homme au camembert » pour illustrer sa réussite sociale, il prenait un réel plaisir à manger avec nous les « beignets » à la fin des réunions hebdomadaires du Bureau National. Il savait, loin des clichés, d’où il venait. Et pour cette raison aussi, il souhaitait et œuvrait pour que, dans tout le Gabon, un plus grand nombre de femmes et d’hommes accèdent à un destin meilleur. Chrétien catholique assumé, il était persuadé que l’affranchissement du peuple tient à deux prérequis : l’éducation et le travail.

Au moment où il était en droit d’aspirer à une retraite paisible et méritée, il entreprit d’œuvrer à la transmission pour les générations futures. Il n’avait de cesse de nous rappeler qu’il avait fait sa part et qu’il revenait aux générations suivantes, de prendre le relais. Le compagnonnage était devenu son objectif. Il s’y appliquait avec dévouement. Il était un authentique Homme d’État, celui dont la perspective n’est pas limitée aux prochaines élections, mais à la prochaine génération.

Tel est, Mesdames et Messieurs, le Casimir Oye Mba qu’en cette circonstance il nous plaisait de vous dire, celui que nous avons eu l’honneur et la chance de croiser sur notre chemin grâce à l’Union Nationale.

Avec gravité, nous nous permettons d’inviter chacun à une introspection, à ce nécessaire examen de conscience qui seul peut, d’une part,  nous permettre de déterminer notre contribution individuelle dans l’accomplissement du dessein collectif que nourrissait Casimir Oye Mba et, d’autre part, nous conduire à agir en responsabilité.

Monsieur le Vice-président Casimir Oye Mba,

Il n’y a pas de mot assez juste pour vous exprimer l’état émotionnel dans lequel nous nous trouvons depuis l’annonce de votre départ.

Homme modéré, direct et franc, recherchant sans cesse la discussion, le dialogue, les convergences, ces qualités vous ont valu des critiques et incompréhensions des extrémistes de tous bords. Sans jamais vous épancher sur les injures proférées à votre endroit, vous avez considéré que votre devoir était d’offrir au Gabon, depuis l’Union Nationale, un cadre où le débat, les principes et les valeurs devaient être privilégiés. L’Union Nationale et le Gabon étaient votre profession de foi. 

Vous aimiez profondément votre pays et rêviez de sa grandeur. En 2016, alors que les cadres et militants du Parti étaient dans l’incompréhension quant à votre retrait de l’élection présidentielle puisque le Congrès vous avait investi, vous nous déclariez en Bureau National :

« les Gabonais veulent une candidature unique. Je suis pour la candidature unique. Je comprends votre déception parce que je ne suis pas celui qui a été choisi. De ce fait, je pourrais refuser cette candidature unique et continuer ma campagne. Mais je ne le ferai pas parce que, si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce au Gabon. Le Gabon m’a tout donné. Si pour sauver le Gabon, mon retrait peut conduire à l’élection d’une personnalité de l’opposition autre que moi, il est de mon devoir de placer l’intérêt du Gabon au-dessus de ma petite personne, en vous demandant de vous impliquer dans cette élection comme si c’était moi qui avais été choisi ». 

Votre abnégation, qui caractérise les grands Hommes d’État, qui savent s’effacer devant l’intérêt de la Nation, restera pour nous l’exemple de la qualité d’hommes et de femmes que vous vouliez pour notre parti, sans compromissions.

De vos titres et fonctions vous vous êtes dépouillés pour collaborer et travailler avec nous à un Gabon pour Tous. Vous nous avez écouté sans jamais nous juger. Vous nous avez encadré sans jamais vous décourager. Vous avez partagé avec nous votre grande expérience. Vous nous avez accompagné et en étiez heureux. Au moment où vous nous quittez, nous savons votre tristesse de n’avoir pas vu le Gabon de vos rêves, mais nous voulons vous dire une seule chose : vous n’avez pas œuvré en vain. C’est à nous de poursuivre l’œuvre que vous avez si noblement entreprise. C’est à nous de nous consacrer plus encore à la grande cause à laquelle vous avez consacré tant de votre temps, tant de votre énergie, tant de votre sueur et tant de votre lueur ; c’est à nous de faire en sorte que vous ne soyez pas mort en vain ; à nous de vouloir que cette nation renaisse libre, unie dans la concorde et la fraternité ; c’est à nous de réaliser le Gabon pour Tous.

Au même moment que Marie-Agnès Koumba, vous intégrez la Coordination céleste de l’Union Nationale. Dites à Pierre Claver Zeng Ebome, à Marie Bendome, à André Mba Obame, à Daniel Kombé Lékambo et à tous les autres que vous trouverez, combien notre pays va mal. Dites-leur que le Gabon et les Gabonais ont besoin que de là où vous êtes désormais, avec nos ancêtres, vous intercédiez auprès du Père, car le Gabon va vraiment mal. Dites-leur que pour eux et pour vous, nous poursuivons le combat, tous les combats que nous avons menés à vos côtés.

Merci Monsieur le Vice-président.

Adieu CAM-La-Classe.

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