mardi,1 décembre 2020
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Gabon: Léandre Nzue assigné en justice pour clientélisme

C’est par le biais d’une saisine du Procureur de la République auprès du tribunal de Libreville qu’un Gabonais a assigné en justice l’édile de Libreville Léandre Nzue sur la base des propos tenus par ce dernier en évoquant la future élection présidentielle de 2023 pour laquelle il se préparait déjà en assurant via ses recrutements, un électorat certain à Ali Bongo Ondimba. Pour ce compatriote, de telles déclarations sont passibles de sanctions pénales au regard de l’article 327 du Code pénal gabonais. 

C’est avec la volonté de porter à la connaissance du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville « des faits pouvant constituer une infraction prévue et punie à l’article 327 du Code pénale » que le dénommé Sylvestre Abessolo a saisi la justice gabonaise aux fins de faire constater ce qu’il conçoit comme une infraction pénale par une plainte reçu le 2 juillet au parquet de Libreville et enregistré sous le n°833811906. 

C’est en prenant appui sur les déclarations du maire de la commune de Libreville le 19 juin 2020 dernier qui pour se justifier sur le projet de budget primitif de la mairie de Libreville et sur l’exécution des dépenses de la commune pour l’exercice à venir, mais également sur les dépenses de la commune de l’exercice précédent avait fait allusion à l’élection présidentielle de 2023 de façon quelque peu maladroite. 

A cet effet, agissant en qualité de Maire de la commune de Libreville, Léandre Nzue avait déclaré entre autres ce qui suit: « … Je prépare déjà 2023, et je dois sécuriser les votes à Libreville. Je suis de Libreville. Pendant que je suis là, 2023, Ali Bongo ne va pas perdre à Libreville. Il va gagner ici et moi je suis à Libreville. (…) les gens que j’ai embauchés, ils se reconnaissent que s’ils ont du travail, c’est grâce à Ali Bongo, parce que moi je suis le représentant du Président Ali bongo ici. Est-ce que vous comprenez cela ? […] Je suis en train de vous dire que moi, moi Léandre Nzue, Maire de Libreville, je suis de Libreville (…) et les personnes qui ont été embauchées, c’est vrai que c’est moi qui les ai embauchées, mais elles considèrent que c’est Ali Bongo qui leur a donné du travail, et ça me fait un électorat sûr », a-t-on pu lire dans la requête. 

Plus loin, Sylvestre Abessolo explique que les propos susmentionnés « constituent effectivement une infraction aux dispositions de l’article 327 du Code pénal », disposition qu’il va énoncer quelques lignes après l’élément légal de l’infraction de clientélisme qu’il n’a du reste pas qualifié. Ladite disposition punit en effet  de trois ans d’emprisonnement au plus et d’une amende de 5.000.000 FCFA au plus, quiconque (…) « Par libéralités en argent ou en nature, par des promesses de libéralités, de faveurs, d’emplois ou d’autres avantages particuliers, faits en vue d’influencer le vote d’un ou de plusieurs électeurs, a obtenu ou tenté d’obtenir leur suffrage, soit directement, soit par l’entremise d’un tiers (…) par les mêmes moyens, a déterminé ou tenté de déterminer un ou plusieurs d’entre eux à s’abstenir (…) a, en vue d’influencer le vote d’un collège électoral, ou d’une fraction de ce collège, fait des dons ou libéralités, des promesses de libéralités ou de faveurs administratives, soit à une commune, soit à une collectivité quelconque de citoyens » précise en outre la plainte de Sylvestre Abessolo. 

Tout en greffant à sa plainte « l’adresse internet de la vidéo qui permet une identification claire et nette de Monsieur Léandre Nzue s’exprimant » dans les propos rapportés dans sa plainte, Sylvestre Abessolo, a accordé du prix à ce que sa démarche soit prise en considération par le parquet de Libreville. 

Contactée par Gabon Media Time, la mairie de Libreville n’a pas tenu à faire de commentaire sur cette affaire. « La Mairie ne se prononce pas », a confié une source à l’Hôtel de ville de Libreville. De son côté, l’auteur de la Plainte, Sylvestre Abessolo a précisé que sa démarche est avant tout républicaine. « Il était important pour moi à travers cette initiative de montrer à l’opinion que de tels propos venant d’un maire, de l’édile d’une commune sont inconcevables. Personnellement, que le procureur se saisisse de l’affaire ou se dessaisisse de l’affaire importe peu. Il était important pour moi de montrer aux citoyens gabonais que la loi est là et qu’on aisément y avoir recours. Qu’on peut utiliser son droit civique pour dénoncer une infraction au code pénal »,a-t-il déclaré.   



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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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