lundi,3 août 2020
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Gabon: Léandre Nzue annonce «la candidature d’Ali Bongo pour 2023»

C’est l’annonce inédite et exclusive faite par le maire de Libreville à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée le jeudi 18 juin dans la salle de presse de l’hôtel de Ville. Léandre Nzue, sûr de lui, un tantinet condescendant tout de même, a défendu l’idée selon laquelle, il se préparait pour faire gagner le président de la République Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle de 2023. Cadre du Parti démocratique gabonais, l’édile de Libreville vient de faire connaître à l’opinion et aux populations gabonaises, que le numéro un gabonais briguera peut-être à nouveau, la présidentielle dans 3 ans.  

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Léandre Nzue vient-il de lancer Ali Bongo Ondimba dans la course à la présidentielle? C’est la question que se pose l’opinion d’une part et le landerneau politique du Gabon d’autre part tant les propos du maire de Libreville revêtent tous les apparats d’une annonce qui consacre l’idée selon laquelle l’actuel chef de l’Etat serait bien candidat à sa propre succession en 2023. 

Devant la presse pour se justifier sur le projet de budget primitif de la mairie de Libreville et sur l’exécution des dépenses de la commune pour l’exercice à venir, mais également sur les dépenses de la commune de l’exercice précédent, Léandre Nzue en a profité pour glisser avec un zeste de subtilité, l’annonce de la candidature d’Ali Bongo Ondimba pour le scrutin présidentielle de 2023. « C’est grâce à Ali Bongo que je suis ici. Je prépare déjà 2023. Je dois sécuriser les votes d’Ali Bongo à Libreville. Pendant que je suis là, 2023, Ali Bongo ne perdra pas ici à Libreville. Il va gagner car je suis à la mairie », a-t-il déclaré avec assurance. 

Un brin zélé, l’édile de Libreville peut-être pour montrer sa dévotion au numéro un gabonais a oublié qu’il était le maire d’une commune et un habitant de celle-ci et non le maire du président de la République. « Ceux qui peuvent comprendre vont comprendre. Les gens qui travaillent ici que j’ai embauchés, c’est Ali Bongo qui leur a donné le travail. Je suis le représentant du président Ali Bongo ici », a-t-il soutenu avec ferveur.  

Abondant dans le même sens, le locataire de l’hôtel de ville s’est employé à insister sur cet état de fait comme s’il voulait obligatoirement faire comprendre aux Gabonais et partant à l’opinion qu’il était en mission pour faire gagner Ali Bongo Ondimba en 2023, là où ses prédécesseurs parmi lesquels l’actuel ministre d’Etat, ministre de la Défense nationale a échoué. « Moi Léandre Nzue, maire de Libreville. En 2009 Ali bon n’a pas gagné à Libreville. En 2016 nous n’avons pas gagné mais moi ici maire de Libreville, le président gagnera en 2023 cette fois. Je prépare déjà 2023 et les personnes qui ont été embauchées me font un électorat sûr. Que ceux qui ont les oreilles comprennent ce que je dis », a-t-il conclu. 

Une sortie d’ailleurs déjà commentée par une partie de l’opinion comme en témoigne le post sur facebook de Marc Ona Essangui, secrétaire exécutif de Brainforest, prix Goldman 2009 et membre du collectif « Appel à Agir » qui a noté le défi dans l’optique de la présidentielle 2023. « Léandre Zue, pédgiste, originaire de l’Estuaire vient de nous défier pour 2023. A nos marques, prêts, partons ! Il fait gagner Ali à l’Estuaire en tant que Maire de Libreville. Les paris sont ouverts… »,a-t-il prévenu. 

Membre de la société civile et du collectif « Touche pas à ma terre » Marcel Djabioh pour sa part souligné le délit par lequel s’était rendu couple Léandre Nzue en annonçant avoir recruté du personnel pour sécuriser l’électorat d’Ali Bongo Ondimba tout en interpellant la procureur de la République Patrick Roponat. « Dans un pays normal, M. Léandre Nzue et tous ceux qu’il a embauché à des fins électoralistes devaient répondre des faits avoués, devant le Procureur de la République pour atteinte à l’exercice des droits civiques et en subir les peines prévues par le code pénal en ses articles 327 et 328. Monsieur le Procureur de la République, on dit quoi ? », a-t-il déclaré. 

Deux interventions dont les avis et analyses contrastent avec celle d’un conseiller à la mairie,  membre du Parti démocratique gabonais (PDG) qui soutient que le message de l’édile de Libreville dans le fond, n’avaient pour seule volonté que de réaffirmer son soutien au chef de l’Etat quand d’autres plus fourbes, lui on déjà tourné le dos. « Léandre Nzué n’a jamais été un tribun, et je suis convaincu que ce n’est nullement cette qualité pour laquelle il a été choisi pour être Maire de notre capitale… Il a dit ce qu’il pense et l’assume pleinement. Il y a des Gens, la félonie en bandoulière qui se disent soutiens du président Ali mais qui, manifestement ont déjà tourné sa page dans l’optique 2023. Léandre affirme sa fidélité à la personne qui,  sans elle, il ne serait peut-être pas Maire de Lbv. Est-ce un péché ? », s’est-il interrogé. 

Alors, sortie préparée, demandée ou bourde monumentale de communication de la part de Léandre Nzue, premier magistrat de Libreville? Les réactions dans la sphère politique gabonaise donneront des indications sur cette sortie surréaliste et prématurée du maire de Libreville. Chacun selon son positionnement appréciera. 

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Mouss Gmt
Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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