Gabon: des leaders d’opinions et intellectuels dénoncent le coût des recours électoraux

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Faisant suite à la décision n°040 bis/CC du 29 juin 2018 de la Cour constitutionnelle imposant à tout citoyen le paiement d’une provision dans le cadre des contentieux électoraux, une vingtaine d’intellectuels et leaders d’opinion ont dans une tribune à paraître ce lundi dans la presse écrite et mardi dans les médias en ligne, estimé « moralement inacceptable » cette décision de la haute juridiction.

Dans cette tribune regroupant 22 intellectuels gabonais dont des juristes, des enseignants, des journalistes, des écrivains, des économistes intitulé « Contentieux électoral : La Cour constitutionnelle du Gabon à l’épreuve du respect du principe d’égalité des justiciables », ces derniers jugent incompréhensible et moralement inacceptable la position de la Cour qui au demeurant viole le principe d’égalité devant la justice et impose une forme de sélection pécuniaire aux citoyens.  

En effet, dans sa décision, la Cour constitutionnelle réclame désormais 5 millions de Fcfa pour contester une élection présidentielle et 500.000 Fcfa  pour une procédure concernant un député ou un sénateur. Une décision incongrue dans un pays où le salaire mensuel moyen est d’environ 300.000 Fcfa rappelle la tribune. « Cette décision, en plus de réserver le droit de contester une élection aux seuls Gabonais nantis, pourrait favoriser les fraudeurs qui pourront désormais s’adonner aux pires irrégularités dès lors qu’ils sauront que la situation financière de leurs adversaires ne leur permettra pas de contester la régularité du scrutin », peut-on lire dans la tribune.

Alors que la la Constitution pose le principe d’égalité de traitement de tous les citoyens dans tous les domaines de l’Etat ou de la Nation», ces leaders d’opinions estiment qu’il est inconcevable que « tout Gabonais désireux d’exercer son droit de recours contentieux en matière électorale se (voit) imposer le paiement d’une provision quelle qu’elle soit ». «Cette décision qui confirme le principe d’égalité est en contradiction flagrante avec le revirement issu de sa décision 29 juin 2018 », martèlent t-ils.

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