mardi,1 décembre 2020
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Gabon: le vibrant hommage de l’Union nationale à André Mba Obame

Il y a cinq ans, le 12 avril 2015, la nouvelle tombait avec les oripeaux d’une blague de mauvais goût. On la croyait furtive, on la souhaitait éphémère comme plusieurs autres annonces de ce genre avant. Mais plutôt que disparaître en écran de fumée comme on l’espérait fortement, elle a, au contraire, d’abord mué en épaisse incertitude, pour revêtir ensuite et bien malgré tout la lourde veste noire de la certitude. André Mba Obame ( AMO) est mort !

Que de signes, que de mots, que d’aurevoirs codés peu ou mal interprétés ?   Ce  » vous entendrez parler de moi » le jour de la passation des charges avec Jean-François Ndoungou au ministère de l’intérieur. Cette messe d’action de grâce en la Cathédrale Sainte Marie pour sa dernière grande apparition publique. Cette humilité dans la parole et cette invite aux allures d’adieu dite par un ange éclatant de blanc. ‟Ne m’attendez pas ! ” Sous-entendu continuez le combat que nous avons commencé ensemble. Sous-entendu du sous-entendu, ce sera sans moi, parce que je ne serai certainement plus là pour le mener avec vous. Nul, mieux que lui-même, ne pouvait jauger sa capacité à se battre contre l’ennemi qui le rongeait. L’enveloppe extérieure à l’évidence atteinte, personne d’autre que lui ne savait ce qu’il en était de cet intérieur qui l’abandonne contre toute attente en ce milieu de matinée à Yaoundé, alors que la rémission semblait en bonne voie.

Fonceur, AMO n’aurait certainement jamais aimé qu’on parle de lui les yeux rivés dans le rétroviseur. Mais c’est à regarder là où on a butté qu’on comprend mieux pourquoi et comment on est tombé, lui aurait répondu le vieux sage Fang de Medouneu, chez lui. Plus que l’anecdotique appel de Barcelone, mieux que le pardon demandé au peuple à La Sorbonne, il nous lègue à tous les Gabonais, pour ne pas l’attendre, la détermination et le devoir de nous battre pour nos droits, ceux individuels et ceux en commun que nous garantit la République par sa Constitution. 

Téméraire sans être suicidaire, il a su poser les pieds de sa revendication où il fallait pour défendre son vote face à l’ogre, sa machine et sa horde de complices tant juridiques que par intérêts. Si le diable est connu pour s’habiller en Prada, il est aussi célèbre pour son beau sourire arrogant qui cache mal la honte (oui, il peut l’avoir et il l’a eue) et l’embarras devant l’évidence de son avilissante identité. AMO nous lègue également, à tous les Gabonais le sentiment réel d’appartenir à une même Nation, la capacité de se retrouver dans un cadre d’amis et de compatriotes pour en partager les idées, les objectifs et de se battre pour la réaliser. Mieux, la nécessité de faire table rase du passé et de ranger au placard ces égos surdimensionnés qui, bien souvent, empêchent l’alternance démocratique que de très nombreux Gabonais attendent. 

Avec les autres candidats à la présidentielle de 2009, Zacharie Myboto, Casimir Oye Mba, Jean Eyeghe Ndong, Bruno Ben Moubamba, Jean Ntoutoume Ngoua, auxquels se joint Pierre Claver Zeng Ebome, ils fédèrent les forces du changement pour créer ce qui lui a manqué pour parfaire l’œuvre politique : un parti politique, mais pas n’importe lequel. Tous voulaient une formation à ancrage sur l’étendue du territoire. L’Union Nationale ( UN) est née, causant une turbulence trop bruyante pour le sommeil tranquille d’un parti au pouvoir qui, avec la complicité d’une administration plus militante que gestionnaire neutre du bien public, ne va pas se gêner pour tenter de l’anéantir. Des militants ont été privés de leurs moyens de vivre pendant longtemps. D’autres ont été atteints dans leur dignité de chefs de famille en perdant leurs emplois. Le parti a même été dissout en toute illégalité. Sa prophétie de la longueur et de la dureté du combat se réalisait.

Au rétroviseur se réécrit également en gras sa rengaine comme leçon de vie : ‟en politique, les seules opérations qui valent sont l’addition et la multiplication” que complétait en plus profond la parabole des ponts plus utiles à construire que les murs. Les premiers relient et favorisent les rapprochements tandis que les autres séparent et empêchent les échanges. Les uns et les autres l’ont entendue et assimilée, pas tous de la même manière. Certains se sont jeté des ponts personnels mettant en danger l’héritage d’AMO. C’est leur droit. D’autres continuent dans son enseignement à en poser de plus larges et de plus solides qui supportent l’exode vers une vraie République, le Gabon pour tous. 

Un Gabon pour les deux millions de Gabonais que nous sommes. Petitement, patiemment, avec courage et abnégation, ils triment contre l’adversité, contre un environnement volontairement vicié, parfois au prix de grandes renonciations qui sacrifient les intérêts du parti… mais pour la cause nationale, plus grande, plus noble. Parce qu’ils estiment que si AMO avait été là, il aurait fait exactement pareil. Parce que l’esprit de l’enrichissante et fortifiante diversité qui a prévalu à la naissance du parti est idéalement entretenu par les ténors restants : Zacharie Myboto comme président, Casimir Oye Mba et Paulette Missambo comme vice-présidents. Rejoints désormais par de nouveaux leaders: Raphaël Bandega Lendoye, le Premier Ministre du gouvernement alternatif qu’il a nommé, François Ondo Edou, son fidèle compagnon, Dr Minault, son médecin. Eux, ils continuent d’administrer d’autres leçons de vie politique à l’intérieur du parti qui rayonne sur tout le Gabon. Exemples: l’UN est le seul parti à désigner son candidat à l’élection présidentielle, la plus prestigieuse consultation du pays, par une primaire interne. L’UN est le plus grand parti du pays qui vit des sacrifices de ses membres pendant que l’Etat offre des sièges et octroie des lignes budgétaires pour le fonctionnement  d’autres formations politiques. Il est beau l’héritage. Il est surtout très bien entretenu.

Les échéances se rapprochent et il faut les affronter. Dans un futur proche qui dépend de l’atmosphère sanitaire que connaitra le pays dans les prochains jours, le parti organise un Congrès ordinaire. De grands chantiers sont à ouvrir, tous plus ambitieux et prometteurs les uns que les autres. L’UN sait qu’elle doit avancer et ne l’attend plus. Elle le sait au contraire juste à côté, au plus proche.

Tes amis et compagnons de l’Union Nationale.

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