Gabon: le Synagref rappelle à Anicet Mboumbou Miyakou le rôle du Greffier

Edgar Anicet Mboumbou Miyakou face à la paralysie de la Justice © GMT

Lasse d’attendre une sortie de crise favorable au conflit social qui les oppose à leur tutelle, le Syndicat national des greffiers (Synagref), a dans une lettre ouverte  adressée au ministre d’Etat, ministre de la Justice, des Droit humains, Garde des sceaux, Anicet Mboumbou Miyakou, interpellé une nouvelle ce dernier sur le rôle de la profession de Greffier dans l’organisation de la Justice. Lecture. 

« LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DE LA JUSTICE, DES DROITS HUMAINS, GARDE DES SCEAUX

A travers cette lettre ouverte, nous souhaitons respectueusement vous faire parvenir, quelques indications liées à la profession de Greffier en territoire gabonais.

Un rappel historique serait donc nécessaire, pour comprendre que la profession de Greffier, n’est pas propre au continent africain, encore moins au Gabon.

D’ailleurs, le mot « greffier » viendrait du mot latin « graphiarus » qui signifie « celui qui écrit ». Dans l’antiquité poinçon servant à graver l’écriture dans la cire.

Charles V, par une ordonnance du 16 septembre 1364 créé le terme Greffier, officier ministériel, qui tient la plume pendant les audiences.

Au Gabon, c’est donc la loi n°20/93 du 27 août 1993 qui fixe le statut particulier des Greffiers dans notre République.

La grève que nous observons, remonte des années 90 à 2000, sous l’inspiration de nos prédécesseurs qui, s’étaient aperçus un peu plus tôt, que note profession n’avait pas suivi l’évolution des temps modernes.

Raison pour laquelle, votre arrivée dans la maison justice, a suscité bien des espoirs, au regard du climat délétère qui y prévaut ; climat non propice à la considération des acteurs, qui rendent la justice au nom du peuple gabonais. D’où notre souhait de vous voir prendre immédiatement en considération les maux qui minent notre profession.

Cependant, nous marquons notre étonnement, quant à vos interventions qui contribuent plutôt, à dégrader les rapports de subordination qui devraient lier le Greffier au Ministre de la Justice.

C’est le cas de Tchibanga, où vous avez récemment tenu des propos discourtois, à l’égard des Greffiers du Gabon ; violant ainsi l’un des principes clés de notre Constitution.

Alors que l’objet premier de votre déplacement dans le Sud du pays, était de fêter en famille votre élévation au grade de Ministre d’Etat, vous vous êtes empressé, de vous rendre de manière officieuse, au palais de justice de Tchibanga, pour rassembler le personnel et ternir l’image des Greffiers. Vous avez prétendu ceci : « les Greffiers vous en demandent trop ; vous avez environ 1700 agents à la sécurité pénitentiaire, sans poste budgétaire, et à qui vous pouvez faire prêter serment  pour la tenue des audiences foraines, et en faire des Greffiers ad hoc ; vous comptez faire tenir des audiences civiles et délivrer des décisions d’état civil à la veille des élections législatives ».

Monsieur le Garde des Sceaux, avec de tels propos, nous ne pouvons pas ne pas vous signifier notre mécontentement. Ces intimidations pourraient sonner le glas, d’une éventuelle rupture de communication entre vous et le corps de Greffe.

Ce que nous ne souhaitons pas. Nous restons ouverts à toute négociation. Car comme le dit Sénèque : «  Otez le respect des Greffiers, de la justice et de la bonne foi : nul gouvernement n’est durable ».

Monsieur le Garde des Sceaux, sachez que les revendications portées à ce jour par les Greffiers, sont légitimes et légales, car elles touchent au plus au point, la vie humaine, la considération et l’épanouissement professionnel, de près de 600 agents.

Espérer avoir un plan de carrière, est-ce un délit ?

Demander à être mieux formé et être compétitif, est ce une faute ?

La République à laquelle nous appartenons est faite d’hommes et de femmes qui n’aspirent qu’au développement de notre chère nation. Et les pouvoirs qui vous ont été confiés par le législateur ne pourront malheureusement entraver les principes de droits fondamentaux chers à notre Constitution : ceux de garantir les droits inviolables et imprescriptibles de l’homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics.

Nous terminons cette lettre ouverte, par une citation d’Hypolite de Livry, qui disait ceci : « Le plus horrible spectacle de la nature, et un des plus communs, est de voir violer la justice, par l’homme préposé pour la rendre ».

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