Gabon: Le spectre d’une année blanche plane sur l’IST

Des étudiants de l’Institut Supérieur de Technologie revendiquant la reprise des cours © D.R

Rien ne va plus à l’Institut Supérieur de Technologie (IST). Censés débuter depuis octobre 2018, les cours n’ont toujours pas totalement repris dans cet établissement public. Le mutisme de l’administration fait craindre aux étudiants la menace d’une année blanche.



Les étudiants de l’Institut Supérieur de Technologie ne savent plus à quel saint se vouer. Depuis quelques années, cet établissement connaît d’énormes difficultés. Cette année, il semblerait qu’elles aient empiré, à tel point que l’administration elle-même a du mal à répondre aux questions de ces étudiants en détresse. Malgré l’appel aux inscriptions lancé le 1er février dernier par des responsables administratifs de l’établissement, rien n’a bougé jusque-là. « Depuis des mois, l’institut est confronté à un ralentissement sans nom des activités universitaires. Nous avons l’impression que les choses n’évoluent pas malgré les multiples rencontres organisées ici et là. C’est le statu quo depuis des mois. Le portail est même fermé par les agents de l’ANFPP », affirme une étudiante.

Face à ce blocage et à ce ras-le-bol généralisé, les étudiants ont initié une rencontre vendredi dernier avec les responsables de l’IST, afin de trouver une issue favorable à leur situation. L’administration les a renvoyés au ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et du Transfert des Technologies. « Non seulement la réunion qui était censée durer deux heures n’a finalement duré que 30 minutes, mais en plus les responsables nous ont simplement demandé d’attendre. Ils nous ont dit que le problème ne venait pas d’eux mais du ministère de tutelle », a déclaré un étudiant présent à la réunion. La rencontre a donc accouché d’une souri, au grand dam de ces étudiants qui ne demandent qu’à apprendre.

Joint par Gabon Media Time, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et du Transfert des Technologies, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, a tenu à réagir.  « Il y a certaines conditions qui justifient les difficultés de financement de l’année académique 2018-2019 dans les établissements supérieurs publics. Il s’agit entre autres de la nomination des nouveaux chefs d’établissement qui est validée par le Conseil des ministres, la surpopulation et la faiblesse de la capacité d’accueil de ces établissements, et la situation d’arriérés des enseignants en pré-salaires et ceux qui attendent d’être régularisés, » a confié le ministre d’Etat.

Quant à la question de la responsabilité du ministère dans la situation que vivent ces établissements, Moukagni Iwangou tient à nuancer : « Les établissements supérieurs publics sont régis par le principe d’autonomie de gestion d’une part et protégés dans leur fonctionnement par le principe de franchise universitaire. Le ministre n’y intervient pas ». Une réponse qui ajoute une nouvelle variable dans ce débat dans lequel les premières victimes sont ces jeunes qui aspirent à l’instruction.

Qui sauvera l’Institut Supérieur de Technologie d’une probable année blanche ?

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