jeudi,9 décembre 2021
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Gabon : le silence du procureur après la mise à mort d’un braqueur à Plein-ciel

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C’est un fait divers qui n’a pas laissé insensibles les Gabonais, celui de ce jeune de garçon de 15 ans, délinquant présumé, froidement abattu par un inconnu après avoir commis le forfait qu’il avait semble t-il érigé en habitude. Cinq jours après, alors que cette actualité alimente de plus en plus les débats dans l’opinion, le procureur de la République reste étrangement silencieux sur la question alors qu’un ordre fondamental a été foncièrement atteint: Le droit à la vie. 

Le 5 janvier dernier au quartier plein ciel dans le 5ème arrondissement de Libreville,  un jeune braqueur a été froidement exécuté après un larcin commis sur une femme du 3eme âge, par un individu non identifié. « Tandis que le jeune homme fuyait. On a vu un véhicule de genre DID gris se garer et on a entendu 2 coups de fusil retentir » relatait ainsi un riverain à la rédaction de Gabon Média Time. Depuis lors, une chaude empoignade s’est déclenchée dans l’opinion opposant d’une part, ceux prenant fait et cause pour le tireur embusqué, allant jusqu’à féliciter ce dernier et ceux qui d’autre part, sensibles à la perte d’une vie humaine, fût-il délinquant, condamnent énergiquement l’acte du tireur, tout en réclamant que justice soit faite sur l’assassinat de ce jeune garçon. 

Le parquet représenté par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, André Patrick Roponat, plus prompt à faire des points de presse plats sur les les prétendues avancées de l’opération « Scorpion », ne semble manifestement pas s’émouvoir du sort qui s’est abattu sur ce jeune garçon. L’opinion observe plutôt qu’il s’est étonnamment vautré dans le silence alors qu’on a porté atteinte de façon pernicieuse à l’un des droits les plus fondamentaux de l’Homme, le droit à la vie.

Si la mort intervient dans des circonstances non naturelles, elle est appréhendée par le droit pénal et le ministère public  par le biais de la procédure inquisitoire peut s’auto-saisir et mener des investigations afin de faire la lumière sur cet assassinat. Car il s’agit bien d’un assassinat. En droit pénal, le fait de donner volontairement la mort constitue un meurtre. L’individu auteur de l’acte même s’il est question, comme l’alimente la rumeur, d’un agent des forces de l’ordre n’avait aucunement le droit d’ouvrir le feu. Ce dernier ne peut faire prévaloir aucune cause d’irresponsabilité pénale car il n’était manifestement pas dans une situation de légitime défense, ni dans une autorisation de la loi et encore moins dans l’accomplissement d’un acte commandé par l’autorité légitime. 

Jusqu’à preuve du contraire, le législateur réprime le vol qui est un délit, défini comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui,  par des peines privatives de liberté et non par la peine de mort qui du reste, a d’ailleurs fait l’objet d’un retrait du code pénal gabonais. L’opération Scorpion a mis à nu un réseau présumé de détournements des sommes faramineuses. Détournements qui portent atteinte à l’équilibre financier de l’Etat. Les présumés coupables ne courant pourtant pas le risque d’être froidement abattus comme ce jeune garçon. 

L’état de nos routes qui endeuille des familles chaque mois, résulat du vol et des détournement des deniers publics dont les auteurs sont notoirement connus, n’a pas donné lieu à des exécutions sommaires de ces criminelles au col blanc. Toute la lumière doit être faite sur cette affaire, à moins d’encourager la prolifération de ce type d’actes dans notre pays en courant le risque de déséquilibrer l’ordre et de laisser quiconque mal intentionné, se servir de cet alibi pour ôter impunément la vie à autrui.  

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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