Gabon : le silence d’Ali Bongo face à la pandémie du Coronavirus qui touche son pays

Gabon Gabonmediatime Ali Bongo
Ali Bongo Ondimba lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre 2019 © Capture GMT.

C’est un énième constat inquiétant et inquisiteur de la gestion du Gabon par son chef d’Etat, dont l’implication pour certains Gabonais n’est plus effective en raison de son absence doublée d’un silence répété sur les questions hautement importantes du pays. Une situation devenue anormalement normale au Gabon, tant cet état de fait s’est installé avec fatalisme dans la conscience sociale des Gabonais, qui constatent impuissants le silence d’Ali Bongo Ondimba alors que son pays et ses « très chers compatriotes » sont touchés et menacés par la pandémie du Coronavirus Covid-19. 


Où est Ali Bongo Ondimba, président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des armées et clé de voûte des institutions ? Voilà 48h que le Gabon, son pays est touché par cette pandémie qui décime des populations de par le monde. Depuis le jeudi 12 mars 2020, le Gabon a enregistré son premier cas testé positif au Coronavirus Covid-19 en la personne d’un Gabonais de 27 résidant au Gabon, mais en provenance de Bordeaux en France. D’emblée le gouvernement, par l’entremise de son Premier ministre Julien Nkoghe Bekale et par le canal du ministre porte-parole du gouvernement Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, a pris un certaine nombre de mesures, les unes aussi rigides que les autres. Des mesures qui laissent penser par leur caractère rigoriste que le Gabon fait face à une pandémie d’une particulière gravité, même si pour le moment un cas seulement a été déclaré. 

Dans tout ce capharnaüm, alors que les personnalités concernées tels que le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, le ministre de l‘Intérieur Noël Lambert Matha, celui de la Santé Max Limoukou et de la Communication Edgard Anicet Mboumbou Miyakou sont en croisade contre cette pandémie, Ali Bongo Ondimba comme d’ordinaire, a organisé son invisibilité. Tout se passe comme s’il y avait une volonté chez lui de ne pas faire des apparitions publiques. Il se contente, lui et l’équipe gouvernementale, à faire des apparitions parcellaires. 

Alors que ses homologues chefs d’Etat, face à cette pandémie ont pris la parole pour rassurer leurs concitoyens sur les mesures prises par leur gouvernement pour combattre et bouter hors des frontières ce virus, à l’instar d’Emmanuel Macron en France ou de Paul Kagame au Rwanda, Ali Bongo a fait le choix de se vautrer conscient dans un silence qui ne rassure guère, dans un silence qui alimente tous types de rumeurs, dans un silence qui finalement, donne du grain à moudre à l’opposition de maintenir en vie, le sempiternel débat relatif à la vacance de pouvoir. Un débat auquel le Chef de l’Etat aurait pu mettre un terme depuis son retour le 23 mars 2019 au Gabon.   

Le 7 janvier 2019, alors que le Gabon avait failli sombrer dans l’abîme par la tentative de coup d’Etat perpétré par le lieutenant de la garde républicaine Kelly Ondo et ses hommes, installant le pays dans la peur et la psychose au regard des multiples informations fondées ou infondées qui circulaient, Ali Bongo Ondimba pourtant bien portant aux dires de la communication gouvernementale avait fait le choix, incompris, de ne pas parler au peuple qu’il gouverne. L’abandonnant, seul et épouvanté, sans directive et sans message solennel le rassurant de ce que le Gabon ne connaîtra plus ce type d’événements qui portent atteinte à sa sûreté et par ricochet, à la continuité de l’Etat.  

Faire et avancer sans son chef de l’Etat, trop souvent absent, plus souvent silencieux, les Gabonais s’y sont dangereusement habitués. Dans la conscience sociale, le visage d’Ali Bongo Ondimba n’est pas celui qu’on attend devant les écrans de télévision. Cette situation est telle que ses sorties ou apparitions en photos sont devenues des faits qu’on décortique tels des événements d’une rare effectivité. Pourtant, les Gabonais ont besoin d’être rassurés par leur chef en ces temps de troubles et de panique généralisée. 

Laissez votre commentaire