vendredi,7 août 2020
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Gabon : le scannage éhonté de la presse papier, le secteur en danger !

Cette pratique est devenue monnaie courante au Gabon. Des individus non identifiés, au quotidien, scannent l’ensemble des journaux du pays sans vergogne et les distribuent sur WhatsApp. L’Union, La Loupe, L’Aube, Moutouki, Echos du Nord, Le Mbandja et Le Temps en sont les principales victimes. Cette pratique qui fait le bonheur de certains indélicats plombe au plus haut point le chiffre d’affaires des éditeurs de presse, lesquels sont désormais condamnés à mettre la clé sous le paillasson, si rien n’est fait tant au niveau de la Haute autorité de la communication qu’à celui du Parquet de la République. 

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Alors que Sogapresse, spécialisée dans la distribution des canards, a conçu un site internet, pour permettre aux différents lecteurs d’avoir accès aux journaux en version numérique, un groupe de délinquants malintentionnés scanne fréquemment et en toute illégalité les parutions de nos confrères et les distribue impunément sur les réseaux sociaux. Causant ainsi des pertes économiques considérables pour les entreprises de la chaîne de production d’un journal en papier à savoir les éditeurs, les imprimeurs et les distributeurs. 

Déjà fortement secoué par les sanctions quasi systématiques de la Haute autorité de la communication (HAC) depuis l’entrée en fonction de ses conseillers membres en 2018, la presse écrite gabonaise connaît depuis la montée en puissance de l’usage des réseaux sociaux notamment Whatsapp, le phénomène du scannage des journaux. Une pratique qui entame considérablement le chiffre d’affaire des acteurs dudit secteur qui courent, eu égard à ces pratiques, un gros danger. L’Union, La Loupe, L’Aube, Moutouki, Echos du Nord, Le Mbandja et Le Temps… pour ce qui est des imprimeurs Multipresse et des distributeurs Sogapresse sont tous confrontés à cette réalité inconvenante et foncièrement attentatoire à leur activité. 

« Qui est le barbouze qui scanne chaque matin les journaux papiers pour les distiller sur les réseaux sociaux pour plaire à ses contacts ? Ce personnage va pousser les entreprises de presse à mettre la clé sous le paillasson. Attention, ce geste est grave de conséquence et son auteur est un grand criminel qui s’ignore », dénonce régulièrement nos confrères de L’Aube. Un message qui passe pour le moment inaperçu auprès des auteurs de ces actes condamnables alors que la pratique est d’une gravité et son impact est si important qu’elle a déjà été révélée par le ministère de l’Economie et des finances dans sa Note de conjoncture économique du dernier trimestre 2018. 

D’après les statistiques de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF) obtenues auprès de la Société gabonaise de presse, le chiffre d’affaires du commerce des ouvrages s’est dégradé de 5,4% pour se situer à 3,7 milliards de FCFA en 2018 contre près de 4 milliards de FCFA en 2017. Cette contre performance s’explique selon le site d’actualité économique Direct Infos Gabon (DIG) par le repli de l’activité principale de la Sonapresse qu’est la vente de la presse. En effet, si les journaux sont scannés et partagés sur WhatsApp dès leurs distribution dans le réseaux, les potentiels acheteurs ne vont plus en kiosque. Ce qui impact considérablement les ventes et crée une crise de trésorerie. Laquelle au fil des mois a emporté de nombreuses emplois et empêchés des numéros tels que Le Dernier Cri du groupe Oloumambè de paraître. 

Excédés et désormais décidé à en découdre avec ces pirates, leurs victimes envisagent de saisir le parquet qui pourra se fonder sur l’article 64 du Code de procédure pénale qui nous enseigne que « Dans les cas de crime ou de délit flagrant, toute personne a qualité pour appréhender l’auteur et le conduire devant l’Officier de Police Judiciaire le plus proche » et avec lui,  la Haute autorité de la communication aux fins que les auteurs de cette pratique qui avilissent le secteur de la presse et le poussent graduellement mais insidieusement au fond du précipice soient appréhendés et stoppés dans leur élan. Car ces criminels,  audelà de tuer la presse, obèrent les recettes fiscales, conscients pourtant que les journaux sont édités, imprimés et distribués par des entreprises qui sont des contribuables. 

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Mouss Gmt
Harold Leckat
Juriste contentieux, Fondateur et Directeur de publication "La chute n'est pas un échec. L'échec est de rester là où l'on est tombé ", Socrates
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