Gabon: le retour définitif pas très convaincant d’Ali Bongo

Le président de la République gabonaise, Ali Bongo Ondimba est bel et bien arrivé à Libreville ce samedi 23 mars. Accueilli par de nombreux militants et communautés amies, le chef de l’Etat est apparu furtivement devant la foule avant d’embarquer pour sa résidence de la Sablière.  Seule la « presse présidentielle » a eu le privilège de filmer et de s’approcher de lui. Pas de bain foule, pas de mots à ses compatriotes non plus. Juste un salut de la main.

Annoncé en grandes pompes par la présidence de la République, après une absence prolongée de plus de cinq mois due à son accident vasculaire cérébral (AVC) le 2 octobre 2018, le retour définitif d’Ali Bongo Ondimba ce samedi 23 mars avait des allures d’une apparition furtive comme on en a l’habitude. En effet, l’heure d’arrivée du chef de l’Etat n’a pas été annoncée à la presse qui l’a découverte comme toutes les personnes qui étaient massées ce jour à l’aéroport international Léon Mba de Libreville.


Le président de la République est apparu tout à coup à 17h00 au perron du salon d’honneur sans que personne ne sache à quelle heure son avion a atterri et s’il a été accueilli avec les honneurs dûs à son rang, ce sont les mouvements de certains militants  informés par leur hiérarchie de sa présence qui ont précédé tout le monde, y compris les journalistes de la presse « non présidentielle », vers le lieu où se trouvait déjà Ali Bongo Ondimba.

« Le patron est là », « Le boss est là », « Ya Ali est de retour »,  « Doutez encore », « Dieu est grand », scandait une partie de la foule en délire quoiqu’à une bonne distance du président de la République. Les badauds affichaient leur soutien indéfectible à Ali Bongo Ondimba, à travers des messages imprimés sur leurs tee-shirts et des cris de joie. Il n’y a pas de doute, les partisans du « Distingué Camarade Président » étaient nombreux et déterminés à prouver qu’il pouvait compter sur eux.

En plus des personnes recrutées sur place en échange d’un perdiem pour certains, la foule était composée essentiellement de militants du Parti démocratique gabonais (PDG) et des partis et soutiens de la majorité, notamment le Rassemblement volontaire (RV), les Sociaux démocrates gabonais (SDG), l’Udis, les mairies de Libreville, d’Owendo, d’Akanda et du 1er arrondissement de Moanda, des communautés libanaise et sénégalaise  du Gabon, etc. Seul le Parti social démocrate (PSD), du vice-président de la République Maganga Moussavou représentait l’opposition.

A noter néanmoins que de nombreux militants ont émis des doutes sur la bonne santé du président de la République et des regrets du temps d’avant son malaise survenu le 24 octobre 2018 à Riyad. Pour certains, le chef de l’Etat n’est pas au top de sa forme et pourrait ne pas jouir de toutes ses capacités, notamment visuelles.  « Il a sommeil, il ne voit même pas, Oh », pouvait-on entendre dans la foule. « Vraiment ! Alors que Bongo père marchait jusque chez lui », exagère un autre. Des Gabonais réclamaient de voir et d’entendre leur président, quand d’autres souhaitaient le toucher afin d’affirmer avec certitude que « le chef est bien là et en pleine possession de ses facultés ».

Ses doutes, la presse écartée par le protocole de la présidence de la République les a également émis. En effet, en dehors de la « presse présidentielle », de Gabon 1ère, Télé Africa, L’Union,  Médias 241 et de quelques journalistes triés sur le volet, nombreux sont les journalistes gabonais qui ont juste aperçu Ali Bongo Ondimba de très loin derrière les militants du PDG. Etait-ce de l’incompétence, de la négligence ou une volonté manifeste des chargés de la communication de la présidence d’éloigner certains médias du chef de l’Etat ? Une chose est sûre, le feuilleton du président furtif n’est pas près d’être bouclé et surtout de dissiper tous les doutes qui entourent son état de santé.

Gageons que ce rendez-vous manqué du président de la République est dû au poids du voyage et qu’une fois reposé, il pourra enfin s’adresser à ses compatriotes et sillonner la capitale dès cette semaine.

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