Gabon: le réseau routier en piteux état malgré des emprunts colossaux

Dégradation du réseaux routier du Gabon © Montage GMT

Alors qu’en 2014, un bulletin du Fonds Monétaire international (FMI) soulignait le fait que le manque d’infrastructures était un obstacle majeur à la croissance de l’Afrique centrale, il semblerait que cinq ans plus tard on en soit toujours au même point. Ainsi, au Gabon malgré des fonds propres colossaux et des emprunts chiffrés en centaines de milliards de Fcfa, les infrastructures promises par le gouvernement demeurent inexistantes et le réseau routier en piteux état.



En se questionnant sur les moyens de « financement de la construction de routes et voies ferrées sans endettement excessif », le Fonds Monétaire international (FMI) a souligné le point focal sur lequel devrait logiquement se pencher les gouvernements d’Afrique centrale, et donc du Gabon. Or, il semblerait que pour le moment ces questions soient reléguées au second plan par le gouvernement, bien qu’elles revêtent une importance capitale.

En effet, en tombant dans « le piège d’un endettement excessif » avec plus de 5000 milliards de Fcfa d’encours pour un ratio dette/PIB de quasiment 60%, pour mettre à niveau les infrastructures de transports et les services publics, le gouvernement gabonais a grandement hypothéqué ses perspectives à moyen et long termes. Et ce, d’autant plus qu’en se penchant sur le réseau routier, notamment de la capitale gabonaise, on tombe littéralement des nues tant il est en piteux état.

Entre voies secondaires inexistantes ou en dans état de dégradation avancée, « pistes d’éléphants », et l’ensemble des voiries urbaines en putréfaction, le réseau routier de la capitale fait peine à voir. Alors qu’il est crucial d’investir massivement dans les infrastructures pour répondre à la hausse de la population et insuffler une nouvelle vigueur à l’économie gabonaise, le gouvernement et notamment le ministère des Travaux publics, peine à obtenir des résultats probants.

Si la baisse brutale des cours des matières premières (plus de 60%) a fortement impacté le niveau des investissements et peut être brandie en argument, il n’en demeure pas moins qu’au regard des fonds dont dispose le pays depuis le début de l’exploitation pétrolière et la multiplication des emprunts auprès des bailleurs de fonds, le Gabon aurait dû avoir un niveau de routes bitumées acceptable. Mais, force est de constater qu’aujourd’hui le pays ne dispose que de moins de 4000 km de routes bitumées dans son ensemble.

Axant plus de la moitié de ses ressources soit environ 1700 milliards de Fcfa, sur le gonflement exponentiel de la masse salariale, et ce au détriment des investissements dans les infrastructures, le gouvernement a fait le choix de s’exclure du processus de développement. Car, la question centrale est, peut-on se développer sans un réseau routier et des infrastructures de qualité?

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