Gabon: le PRE 2017-2019, chronique d’un échec annoncé

Mis en oeuvre par l’ancien Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et poursuivi par son successeur Julien Nkoghe Bekale, le Plan de relance de l’Economie (PRE) 2017-2019, n’a toujours pas eu les résultats escomptés. Malgré une multitude d’emprunts auprès des bailleurs de fonds, ce Plan censé « impulser une dynamique nouvelle à la mise en œuvre du PSGE à travers des mesures de relance », s’est heurté à de nombreuses difficultés notamment structurelles et conjoncturelles.


« Notre objectif à travers la mise en œuvre du PRE, c’est de générer par une plus grande implication du secteur privé, une croissance durable et inclusive capable de transformer en profondeur notre économie » tels étaient les mots de l’ancien Premier ministre, pour justifier la mise en oeuvre du PRE. Cependant, entre « performance faible du programme, dérapages budgétaires substantiels et progrès lents sur les réformes structurelles », il s’est heurté à bon nombre de difficultés.

En effet, appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) à hauteur de 378 milliards de Fcfa à travers le Mécanisme élargi de crédit (MEDC), mais  aussi par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale (BM), et plus récemment la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), le PRE a pourtant bénéficié de plus d’un milliard de dollars en seulement deux ans.

Récemment qualifié d’« hérésie » par l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, ce Plan qui s’articulait autour de « l’optimisation des recettes, le financement de l’économie, le Renforcement du recouvrement des recettes non pétrolières, la soutenabilité de la dette, l’assainissement du système financier et la maîtrise des dépenses », aura finalement détérioré la capacité à investir de l’État gabonais.

Soulignant en juin dernier « les progrès insuffisants pour contenir les dépenses courantes » qui ont notamment conduit à un gonflement de la masse salariale, le FMI tirait déjà la sonnette d’alarme. Même si les efforts des autorités ont permis une légère embellie, ils restent toujours bien en deçà des attentes, et les résultats du PRE se font toujours attendre.

Comme l’ont rappelé certains économistes, le « déséquilibre de grande amplitude de nos finances publiques » aurait dû permettre au gouvernement, d’accentuer ses efforts en prônant des mesures plus adaptées. Hélas, faute de « planification, de programmation et d’anticipation », le gouvernement a négligé des aspects pourtant cruciaux pour la réussite de son Plan de relance.

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