jeudi,25 novembre 2021
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Gabon : le parquet général maintient-t-il volontairement Pascal Oyougou en prison?

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Alors que « l’instruction judiciaire ouverte le 12 septembre 2017 est à ce jour clôturée » selon les avocats du secrétaire général adjoint du Rassemblement héritage et modernité (RHM) aujourd’hui Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), Pascal Oyougou, ce dernier est toujours retenu à la prison centrale de Libreville. Une violation flagrante des dispositions de l’article 136 alinéa 2 du Code de procédure pénale, pourtant ce dernier doit bénéficier d’une liberté d’office et qui selon ses avocats serait le fait du procureur général près la Cour d’appel judiciaire Apollinaire Nziengui qui traînerait les pieds dans ce dossier aux allures de complot politique. 

Quelles sont les raisons réelles du maintien « illégal » de Pascal Oyougou à la prison du Gros-Bouquet ? C’est le noeud gordien que tentent de résoudre depuis plusieurs mois les avocats de ce dernier qui pourtant n’ont de cesse d’interpeller les autorités judiciaires sur ce qui apparaît désormais comme une « séquestration » dont serait victime leur client. 

Une situation qui a amené les avocats du membre de la Coalition pour la nouvelle République, Me Jean-Rémy Bantsantsa et Me Iga Iga à s’interroger sur les motivations du maintien en détention de leur client. Après avoir saisi par correspondance les autorités judiciaires notamment le juge d’instruction en charge de l’affaire, la chambre d’accusation saisie le 27 septembre 2019, mais aussi du procureur général le 10 octobre de la même année, l’affaire sera curieusement appelée à être entendue sur le fond à la chambre d’accusation. 

C’est dans ce cadre que cette juridiction dans son arrêt en date du 24 février 2020 a déclaré recevable l’appel interjeté par Maître Jean Remy Bantsantsa avant de constater « que sieur Pascal Oyougou est actuellement détenu en violation de l’article 136 alinéa 2 du Code de procédure pénale, depuis le 12 septembre 2019 ». La chambre d’accusation dans la foulée a invité « le parquet général à en tirer toutes les conséquences de droit qui en découlent ». 

Une décision qui prescrivait donc que le secrétaire général adjoint du Rassemblement pour la patrie et la modernité devait bénéficier d’une « liberté d’office ». Sauf que depuis lors  aucune ordonnance de mise en liberté n’a été prise par le procureur général près la Cour d’appel judiciaire. Un fait pour le moins incompréhensible pour les avocats de Pascal Oyougou qui y voient une volonté manifeste d’Apollinaire Nziengui de trainer des pieds pour rendre effective la décision de la chambre d’accusation qui a clairement reconnu l’illégalité de la détention de ce natif de la province du Haut-Ogooué. 

Pis, saisi par les avocats du leader politique, il aurait argué ne pas être en possession du dossier physique alors que la logique suppose une simple signature d’une ordonnance pour la libération de Pascal Oyougou. De quoi susciter des questionnements au sein de l’opinion et qui laisse penser depuis quelque temps à des pressions politiques dans ce dossier. 

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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